Le procès de Paul Manafort, l'ex-directeur de campagne de Trump, fixé au 17 septembre

AFFAIRE RUSSE Il est accusé d'avoir blanchi 30 millions de dollars dans le cadre de son activité de lobbying en Ukraine...

Philippe Berry

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L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018.
L'ancien directeur de campagne de Donald Trump, Paul Manafort, à sa sortie d'un tribunal de Washington, le 28 février 2018. — Drew Angerer / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
  • Paul Manafort, visé par 32 chefs d'accusation, a plaidé non coupable, mercredi.
  • Le procureur Robert Mueller cherche à déterminer si Donald Trump était au courant ou a profité de la connexion de Manafort avec Moscou.
  • D'ici le procès, fixé au 17 septembre, Paul Manafort peut encore changer d'avis et décider de collaborer avec la procureur.

Va-t-il craquer sous la pression du procureur Robert Mueller ? Pour l’instant, Paul Manafort, qui est notamment accusé de blanchiment d’argent et de fraude fiscale, a décidé de plaider « non coupable ». L’ancien directeur de campagne de Donald Trump pourrait encore toutefois changer d’avis d’ici l’ouverture de son procès, fixée mercredi au 17 septembre prochain, six semaines avant les élections de mi-mandat.

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Les 32 chefs d’accusation contre Manafort portent sur une période allant de 2006 à 2015, avant qu’il ne devienne le « campaign manager » de Donald Trump. Paul Manafort et son associé Rick Gates – qui a plaidé coupable la semaine dernière de complot financier contre les Etats-Unis et de fausses déclarations au FBI – sont accusés d’avoir blanchi plus de 30 millions de dollars dans le cadre de leur activité de lobbying au service du président ukrainien pro-russe Viktor Ianoukovitch.

Endetté en Russie

Et Donald Trump dans tout ça ? Manafort et Gates étaient payés par le magnat russe de l’aluminium proche du Kremlin Oleg Deripaska. Manafort, suite à la chute de Ianoukovitch, était endetté à la hauteur de 19 millions de dollars auprès de l’oligarque, selon le New York Times. Le procureur Robert Mueller, qui enquête sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine, chercherait donc à déterminer si le lobbyiste a profité de sa position dans la campagne pour offrir des contreparties à la Russie. Selon le Washington Post, il aurait notamment proposé des « briefings privés » à Deripaska dans un email.

A ce stade, on ne sait pas si Donald Trump était au courant et/ou a bénéficié de cette connexion de Manafort avec Moiscou. Le procureur s’intéresse à de nombreux contacts non-déclarés entre des cadres de la campagne de Trump et des officiels ou des intermédiaires russes, notamment le fameux meeting de la Trump Tower du 9 juin 2016 entre Donald Trump Jr et une avocate qui affirmait posséder des informations compromettantes sur Hillary Clinton.

« La même stratégie que contre la mafia »

L’affaire, tentaculaire, est loin d’être terminée. A ce stade, Robert Mueller a inculpé 19 personnes, dont 13 citoyens russes et quatre anciens cadres de la campagne de Donald Trump. Trois ont plaidé coupable : George Papadopoulos, un consultant de bas niveau, l’ex-conseiller à la Sécurité nationale Michael Flynn et le directeur adjoint de la campagne, Rick Gates.

Mueller remonte les échelons un à un en acculant chaque personne pour obtenir sa coopération. « C’est exactement la même stratégie que celle utilisée pour enquêter contre des vastes organisations, que ce soit un groupe criminel comme la mafia ou un cartel de drogue, ou bien une grande entreprise financière », expliquait à 20 Minutes le juriste Paul Rosenzweig en octobre dernier. Reste désormais à voir si Paul Manafort a envie de parler. Et surtout, s’il a des choses à raconter.