Qui est Brad Parscale, choisi par Donald Trump pour diriger sa campagne de 2020?

WEB L'ancien Mr. Numérique du candidat, qui a presque tout misé sur les publicités Facebook, prend du galon...

Philippe Berry
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Brad Parscale, directeur du Numérique de Donald Trump pendant la campagne, le 8 novembre 2017 au Web Summit de Lisbonne.
Brad Parscale, directeur du Numérique de Donald Trump pendant la campagne, le 8 novembre 2017 au Web Summit de Lisbonne. — PEDRO FIUZA/SIPA

Avec sa barbe de Viking et une stature d’ancien basketteur culminant à plus de 2m00, Brad Parscale ne passe pas vraiment inaperçu. Pourtant, cet ancien Web designer devenu Mr. Stratégie numérique de Donald Trump lors de la dernière présidentielle est toujours resté discret. Cela devrait changer : mardi, le président américain l’a officiellement nommé directeur de campagne pour son « comité de réélection » en vue de sa candidature en 2020. A un peu moins de 1.000 jours du scrutin, voici quatre choses à savoir sur un des hommes-clés du succès du président américain.


Il vendait ses talents dans des librairies

Au début des années 2000, après un début de carrière raté dans la Silicon Valley, il retourne au Texas et crée Parscale Media avec 500 dollars en poche. Il raconte à Forbes qu’il démarchait des clients potentiels au rayon Web design dans des librairies en leur demandant : « Vous avez besoin d’aide pour votre site Internet ? Je sais comment faire ça. »

Il n’a touché que 1.500 dollars pour le premier site de Donald Trump

En 2012, il reçoit un email d’une directrice marketing de la Trump Organization, qui avait entendu parler de lui. Avec le devis le plus bas, il remporte l’appel d’offres pour réaliser un site Internet pour un projet immobilier du groupe, détaille-t-il dans 60 Minutes. Il continue avec des sites pour la fondation d’Eric Trump, des produits de beauté de Melania Trump et le vignoble de la famille. En 2015, il reçoit un coup de fil : « Donald Trump songe à être candidat à la présidentielle. On a besoin d’un site Web dans deux jours. » « D’accord, je le ferai pour 1.500 dollars », répond-il.

Il a presque tout misé sur Facebook

Si Donald Trump est surtout connu pour ses tweets matinaux, Parscale a consacré 80 % des 94 millions de dollars que la campagne du candidat républicain a versés à son entreprise à des achats de publicités sur Facebook, affirme-t-il à CBS. En utilisant une base de données d’emails d’électeurs potentiels du parti républicain, il cible les annonces via le produit « audience personnalisée » de Facebook et vise d’autres électeurs en utilisant la fonction « audiences similaires ».

Son secret: Des annonces virales pour dominer les enchères

Surtout, Brad Parscale écrase la campagne d’Hillary Clinton sur le système d’enchères. L’ancien cadre de Facebook Antonio Garcia Martinez l’explique dans un article pour Wired : Facebook ne vend pas simplement ses espaces au plus offrant, il tient compte du caractère viral de chaque annonce, qui doit provoquer une réaction du public (like et partage). Et alors que l’équipe de Clinton favorise des vidéos classiques conçues pour la télévision, Brad Parscale met le paquet sur les images fixes et des titres provocateurs, avec plusieurs dizaines de milliers de variantes de chaque annonce testées. Bilan : il touche un public bien plus large, pour bien moins cher, surtout dans les zones rurales et ouvrières.

Il pense que la collusion avec la Russie est « une blague »

Alors que la Russie a également acheté des annonces anti-Clinton sur Facebook et que des bots ont massivement retweeté des articles de propagande pro-Trump sur Twitter, Brad Parscale a été entendu par la commission sur le Renseignement de la Chambre des représentants. Il jure qu’il n’y a eu « aucune coordination » avec la Russie et affirme que les accusations de collusion sont « une blague ». Mais le procureur Robert Mueller a réquisitionné les données de l’entreprise Cambridge Analytica, qui a travaillé avec Brad Parscale pour cibler des électeurs dans des Etats stratégiques. L’avenir du nouveau directeur de campagne, tout comme celui de Donald Trump, sera fortement lié aux conclusions de l’enquête.