Syrie: Quatorze cas de suffocation dans la Ghouta, des «soupçons d'attaque au gaz de chlore»

CONFLIT Le régime syrien, qui a plusieurs fois démenti utiliser des armes chimiques, a été pointé du doigt ces dernières semaines pour des attaques présumées au gaz de chlore...

20 Minutes avec AFP
— 
De la fumée s'échappe de bâtiments pilonnés par l'armée syrienne, à Kafr Batna, dans l'enclave rebelle de la Ghouta, près de Damas, le 22 février 2018.
De la fumée s'échappe de bâtiments pilonnés par l'armée syrienne, à Kafr Batna, dans l'enclave rebelle de la Ghouta, près de Damas, le 22 février 2018. — AFP PHOTO / AMER ALMOHIBANY

Quatorze cas de suffocation, dont celui d’un enfant qui est décédé, ont été rapportés dimanche après un bombardement du régime syrien sur la Ghouta orientale, fief rebelle aux portes de Damas visé par une offensive meurtrière, a indiqué une ONG.

Yaacoub, un médecin ayant soigné les patients, a évoqué auprès de l’AFP des « soupçons d’utilisation d’armes chimiques, probablement une attaque au gaz de chlore ».

 

« La plupart des patients portent une odeur de chlore sur leurs vêtements »

Le régime syrien, qui a plusieurs fois démenti utiliser des armes chimiques, a été pointé du doigt ces dernières semaines pour des attaques présumées au gaz de chlore.

« Après un tir de roquette mené par un avion, 14 cas de suffocation ont été rapportés dans la région de Chifouniyé, entraînant la mort d’un enfant. Une femme se trouve dans un état critique », a indiqué à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

>> A lire aussi : Malgré la résolution de l'ONU sur une trêve, de nouveaux raids du régime sur la Ghouta orientale

« Un des patients âgé de trois ans est décédé d’asphyxie », précise le médecin qui les a soignés. « La plupart des patients portent une odeur de chlore sur leurs vêtements et leur peau, beaucoup ont des difficultés respiratoires, et des irritations aux yeux et à la peau », a-t-il précisé.

Moscou pointe les insurgés

Le pouvoir mène depuis le 18 février dans la Ghouta orientale des raids aériens d’une intensité sans précédent, qui ont tué plus de 500 personnes.

Un responsable du puissant groupe rebelle Jaich al-Islam, Mohamed Allouche, a accusé sur son compte Twitter le régime d’avoir utilisé du « gaz de chlore ».

>> A lire aussi : Emmanuel Macron et Angela Merkel écrivent à Vladimir Poutine pour obtenir une trêve

Mais Moscou, allié indéfectible de Damas, a lui pointé les insurgés. Ils « préparent une provocation, prévoyant un recours à des substances toxiques afin d’accuser les forces gouvernementales d’utiliser des armes chimiques contre la population civile », selon un communiqué dimanche du ministère russe de la Défense.

Ces cas de suffocation interviennent alors que le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté samedi une résolution réclamant une trêve humanitaire d’un mois « sans délai » dans toute la Syrie, ravagée depuis 2011 par une guerre qui a fait plus de 340.000 morts.