Enquête sur la Russie: Rick Gates, l'avant-dernier fusible avant Trump, plaide coupable

ETATS-UNIS Désormais, la pression est sur l'ancien directeur de campagne, Paul Manafort, inculpé au total de 32 chefs d'inculpation...

P.B. avec AFP

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L'ancien directeur-adjoint de la campagne de Donald Trump, Rick Gates, devait plaider coupable de «complot» le 23 février 2018.
L'ancien directeur-adjoint de la campagne de Donald Trump, Rick Gates, devait plaider coupable de «complot» le 23 février 2018. — Susan Walsh/AP/SIPA

Un domino de plus tombe. Le procureur spécial enquêtant sur l’ingérence russe dans la présidentielle américaine a annoncé vendredi que l’ex-conseiller de campagne de Donald Trump, Rick Gates, allait plaider coupable. C’est désormais l’ancien directeur de la campagne, Paul Manafort, qui se trouve dans la ligne de mire de Bob Mueller, et qui va subir une pression maximale pour coopérer à son tour.

Vendredi, le procureur a annoncé une nouvelle série de chefs d’inculpation contre Paul Manafort, qui est notamment accusé d’avoir versé de l’argent à un groupe « d’hommes politiques européens » pour faire du lobbying en faveur du gouvernement ukrainien pro-russe de Viktor Ianoukovitch.

« Complot contre les Etats-Unis »

Rick Gates est arrivé à la mi-journée au tribunal sous les cris et devait plaider coupable d’avoir menti au FBI et surtout de « complot contre les Etats-Unis ». D’environ 2006 à 2015, Rick Gates et Paul Manafort ont travaillé comme consultants politiques et lobbyistes au service du président ukrainien Viktor Ianoukovitch, soutenu par Moscou. Ils sont accusés d’avoir blanchi 30 millions de dollars de leurs revenus, notamment en achetant des propriétés aux Etats-Unis via un système complexe utilisant des comptes offshores.

Manafort était endetté

Paul Manafort a dirigé de juin à août 2016 l’équipe de campagne de Donald Trump, dont il a été écarté quand sa proximité avec les intérêts russes en Ukraine a été révélée. Rick Gates, directeur-adjoint de la campagne, est resté comme conseiller de la campagne de Donald Trump jusqu’à l’élection puis a participé à la passation du pouvoir.

Les activités de lobbying des deux hommes portent sur une période qui précède leur rôle dans la campagne de Donald Trump. Mais selon le New York Times, Paul Manafort était endetté auprès de l’oligarque russe Oleg Deripaska. La question centrale pour le procureur Robert Mueller est donc la suivante : a-t-il profité de son rôle dans la campagne pour offrir des contreparties à la Russie, et Donald Trump était-il au courant ? Pour l’instant, on l’ignore. Mais comme dans une opération contre la mafia, Robert Mueller continue de remonter les échelons, un par un.