Israël: Les coups durs se succèdent pour Benyamin Netanyahou

ENQUETE L’incontournable Premier ministre, au pouvoir depuis bientôt douze ans au total, n’est formellement mis en cause dans aucune des six affaires le concernant...

20 Minutes avec AFP

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Benyamin Netanyahou à Florence le 29 août 2015.
Benyamin Netanyahou à Florence le 29 août 2015. — ALEANDRO BIAGIANTI/AGF/SIPA

L’horizon s’obscurcit de jour en jour pour Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien est à présent confronté à la perspective d’un témoignage potentiellement dévastateur d’un proche collaborateur dans l’une des enquêtes de corruption menaçant son long règne.

L’incontournable Premier ministre, au pouvoir depuis bientôt douze ans au total, n’est formellement mis en cause dans aucune des au moins six affaires le concernant directement ou indirectement. Mais la pression s’accentue sur son entourage.

Deux proches collaborateurs arrêtés

En huit jours, Benyamin Netanyahou a vu la police recommander le 13 février son inculpation dans deux dossiers de corruption, arrêter sept personnes, dont deux proches collaborateurs, dimanche dans une autre affaire, et ouvrir mardi une enquête pour tentative de subornation d’une juge en échange d’un arrêt des investigations sur des agissements suspects à la résidence du Premier ministre.

L’une des personnes interpellées dimanche, l’ex-directeur général du ministère des Communications présenté comme l’un des rares hommes de confiance de Benyamin Netanyahou, Shlomo Filber, a négocié avec les enquêteurs un accord de coopération en échange d’un statut de témoin protégé lui garantissant qu’il n’irait pas en prison, selon des informations de presse confirmées par la police.

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« Filber est le plus proche et le plus intime des agents en charge des opérations occultes que Netanyahou ait eues depuis des générations (…) Toujours dans l’ombre, toujours loyal, performant, secret et animé de convictions : Bibi (le surnom de Benyamin Netanyahou) savait pouvoir compter sur Momo. Jusqu’à hier », écrit dans le quotidien Maariv Ben Caspit, auteur d’un récent livre sur Benyamin Netanyahou.

Benyamin Netanyahou proclame son innocence

Selon la presse, la police soupçonne Shlomo Filber d’avoir servi, au poste de directeur général du ministère des Communications, d’intermédiaire entre les Netanyahou et Shaul Elovitch, patron de Bezeq, le plus important groupe de télécommunications israélien, et de l’influent site d’informations Walla.

La police veut savoir si les Netanyahou auraient cherché à s’assurer une couverture propice de la part de Walla en contrepartie de faveurs gouvernementales, qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, dit la presse, alimentée à flux constants par des fuites à la provenance inconnue.

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Outre Shlomo Filber, un autre collaborateur des Netanyahou, leur ancien porte-parole personnel Nir Hefetz, le patron de Bezeq, la PDG du groupe et trois autres personnes ont été arrêtés dimanche. Un tribunal a prolongé mercredi jusqu’au 26 février la garde à vue de la PDG, Stella Handler, et d’un autre responsable du groupe. La justice doit se prononcer sur les autres gardes à vue jeudi.

Benyamin Netanyahou proclame son innocence sur tous les fronts et a affirmé sa ferme intention de rester au pouvoir.

L’opposition réclame sa démission. La semaine passée, tous les chefs des partis de sa coalition, sur laquelle repose le gouvernement considéré comme le plus à droite de l’histoire d’Israël, sont restés solidaires en disant attendre la décision du procureur général sur une éventuelle inculpation.