Face aux rescapés de Parkland, Trump avait une antisèche pour lui rappeler de dire «Je vous comprends»

ETATS-UNIS Le président américain a reçu des élèves et des familles de victimes à la Maison Blanche, mercredi...

P.B.

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Une fiche de Donald Trump lors d'une rencontre à la Maison Blanche avec des rescapés de la tuerie de Parkland, le 21 février 2018.
Une fiche de Donald Trump lors d'une rencontre à la Maison Blanche avec des rescapés de la tuerie de Parkland, le 21 février 2018. — C.KASTER/SIPA/AP

Pendant une heure, Donald Trump a surtout écouté les témoignages et peu parlé. Mais sur une photo capturée par Carolyn Kaster pour l’agence AP lors de la rencontre organisée à la Maison Blanche avec des rescapés de la tuerie de Parkland, on peut voir une fiche tenue par le président américain avec cinq bullet points à mentionner :

  1. Que voulez-vous que je sache sur votre expérience ?
  2. Que peut-on faire pour que vous vous sentiez en sécurité ?

Le dernier point ? Ne pas oublier de dire « I hear you » (« Je vous ai entendus » ou « Je vous comprends », avec une connotation émotionnelle en anglais), ce qui lui a valu de nombreuses railleries.

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Viré par Trump, l’ancien procureur de New York Preet Bharara s’est d’abord demandé s’il ne s’agissait pas d’un montage Photoshop.

Mais elle est bien réelle, et « cette photo des notes de Trump illustre mieux que tout son manque d’empathie », estime un analyste du Washington Post.

Trump n’a pas regardé sa fiche

« Barack Obama avait chanté Amazing Grace à Charleston, et Donald Trump a besoin d’une putain d’antisèche pour faire preuve d’empathie », a encore attaqué Emmy Bengston, directrice numérique du démocrate Gavin Newsom.

A sa décharge, Donald Trump n’a pas semblé regarder sa fiche durant la discussion, et il avait de l’émotion dans la voix quand il a dit aux rescapés : « Je me battrai pour vous. Je pleure avec vous, il n’y a rien de pire que ce que vous avez vécu. Merci d’avoir parlé avec votre cœur. » Et il n'est sans doute pas le premier homme politique à avoir des «talking points» évidents écrits par un conseiller inquiet.