Nigeria: Une centaine de lycéennes portées disparues après l’attaque d’une école par Boko Haram

TERRORISME Cette attaque ravive la menace d'un kidnapping de masse comme celui des lycéennes de Chibok, en 2014...

20 Minutes avec AFP

— 

Cent onze lycéennes sont portées disparues en février 2018 dans le nord-est du Nigeria, deux jours après l'attaque d'une école de filles par Boko Haram?
Cent onze lycéennes sont portées disparues en février 2018 dans le nord-est du Nigeria, deux jours après l'attaque d'une école de filles par Boko Haram? — Jon Gambrell/AP/SIPA

Un nouveau kidnapping de masse comme à Chibok en 2014 ? Cent onze lycéennes étaient portées disparues ce mercredi, deux jours après l’attaque d’une école de filles dans le nord-est du Nigeria par des combattants de Boko Haram. Les insurgés du groupe djihadiste nigérian, lourdement armés, ont mené un assaut sur le village de Dapchi, dans l’Etat de Yobe, tirant en l’air et faisant exploser des grenades, selon les témoignages des habitants.

>> Nigeria: Un chef de Boko Haram promet de poursuivre «la guerre» sous Trump

Plusieurs lycéennes ont été « secourues », a annoncé jeudi une source officielle locale. « Certaines » des 111 jeunes filles portées disparues ont été retrouvées et mises en sécurité par les forces nigérianes, a assuré Abdullahi Bego, porte-parole du gouverneur de l’Etat de Yobe. Il n’a pas donné à ce stade de détails sur le nombre de lycéennes rerouvées ni sur les circontances de leur libération.

« Aucun cas d’enlèvement n’a pour l’instant été établi »

La plupart des élèves et les professeurs de la Girls Science Secondary School, un internat, se sont enfuis en brousse, craignant d’être enlevés par les combattants, comme ce fût le cas pour les lycéennes de Chibok​ dans l’Etat voisin du Borno il y a quatre ans.

Selon le ministre de la Police de l’Etat de Yobe, Abdulmaliki Sumonu, « 815 étudiantes sont rentrées » à Dapchi où elles ont été « vues », sur un total de 926 élèves. « Les (111) autres sont manquantes », a-t-il déclaré, tout en précisant qu'« aucun cas d’enlèvement n’a pour l’instant été établi ».

Jointe au téléphone par l’AFP, l’une des jeunes filles ayant réussi à s’échapper, Aisha Yusuf Abdullahi, a décrit « une expérience traumatisante ». « Nous étions dans la mosquée sur le point de commencer les prières du soir quand nous avons entendu des coups de feu », a expliqué l’adolescente de 16 ans. « Dans la panique, certaines ont escaladé la clôture et sauté dans des véhicules stationnés à l’extérieur, sans savoir à qui ils appartenaient ».

« Nous avons peur d’avoir affaire à un nouveau scénario de Chibok »

L’internat, qui accueille des filles âgées de 11 ans et plus, a été fermé pour une semaine, mais les familles des élèves manquant à l’appel se sont rassemblées dans la matinée devant ses portes pour réclamer des explications, craignant le « pire ».

« On nous a dit qu’elles s’étaient réfugiées dans d’autres villages, mais nous avons été dans tous ces villages mentionnés, en vain », a déclaré Abubakar Shehu, dont la nièce fait partie des disparues. « Nous commençons à craindre que le pire se soit produit », a-t-il ajouté. « Nous avons peur d’avoir affaire à un nouveau scénario de Chibok. »

Plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

Le groupe jihadiste Boko Haram, dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché », mène depuis 2009 une insurrection sanglante dans le nord-est du Nigeria ayant fait plus de 20.000 morts et 2,6 millions de déplacés.

>> A lire aussi : Nigeria: deux ans après, bilan limité pour #BringBackOurGirls

Il a kidnappé des milliers de personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants, mais c’est l’enlèvement de 276 lycéennes à Chibok en 2014, qui avait déclenché une vague d’indignation mondiale, donnant au groupe une tragique notoriété sur la scène internationale