Catalogne: Anna Gabriel, sixième dirigeante indépendantiste à quitter l’Espagne

EXIL Anna Gabriel a expliqué avoir « cherché un pays qui puisse protéger » ses droits…

20 Minutes avec agences

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La dirigeante indépendantiste catalan, Anna Gabriel, a décidé de  s'installer en Suisse.
La dirigeante indépendantiste catalan, Anna Gabriel, a décidé de s'installer en Suisse. — Manu Fernandez/AP/SIPA

C’est la sixième dirigeante indépendantiste de Catalogne à quitter son pays. Pour échapper à une éventuelle incarcération, Anna Gabriel a décidé de s’installer en Suisse, invoquant l’absence de procès équitable dans son pays.

Elle était convoquée ce mercredi par la Cour suprême à Madrid (Espagne) et risquait d’être placée en détention, comme quatre autres séparatistes incarcérés depuis plus de trois mois.

« Une persécution politique »

« Comme je n’aurai pas un procès équitable chez moi, j’ai cherché un pays qui puisse protéger mes droits », a-t-elle déclaré au quotidien suisse Le Temps dans un entretien publié ce mardi. Selon la justice, Anna Gabriel aurait appartenu à un « comité stratégique » chargé de mener la Catalogne vers l’indépendance.

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La responsable juge excessives les enquêtes policières et judiciaires et les inculpations visant des centaines de personnes pour leur rôle dans la tentative de sécession en Catalogne. « C’est une persécution politique […] ce n’est pas un tribunal impartial », a aussi déclaré à la télévision suisse RTS, l’ex-porte-parole du groupe parlementaire de la CUP (Candidature d’unité populaire, extrême gauche indépendantiste), comparant notamment la situation à « ce qui se passe en ce moment en Turquie ».

Internationaliser la cause catalane

Son parti a précisé que le choix de la Suisse permettrait d'« internationaliser » la cause catalane, en rapprochant Anna Gabriel d’organisations internationales et du Conseil des droits de l’Homme des Nations unies, qui siège à Genève. La dirigeante a aussi précisé qu’en cas de demande d’extradition de l’Espagne, elle n’écartait pas la possibilité de demander l’asile politique à la Suisse.

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En quittant son pays, Anna Gabriel marche dans les pas de cinq autres indépendantistes : le président catalan destitué Carles Puigdemont et quatre ex- « ministres » régionaux, installés en Belgique. Tous sont visés par des poursuites pour « rébellion, sédition et malversation de fonds », passibles de peines allant jusqu’à 30 ans d’incarcération.

Une situation chaotique

Après le référendum d’autodétermination le 1er octobre, émaillé de violences policières, puis la déclaration de l’indépendance​ le 27 octobre, la Catalogne est mise sous tutelle de la région par Madrid. De nouvelles élections régionales fin décembre ont vu indépendantistes et partisans de l’Espagne terminer au coude à coude.

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Si les premiers ont conservé leur majorité de 70 députés sur 135, ils sont depuis des semaines embourbés dans des négociations sur la conduite à adopter après les incarcérations et « exils » volontaires de leurs leaders. Carles Puigdemont, dirigeant d'« Ensemble pour la Catalogne », liste la plus votée, entend être investi président à distance, mais la Cour constitutionnelle a interdit cette option et prévenu que ceux qui la rendraient possible seraient passibles de poursuites.