#NeverAgain: Les ados rescapés de la tuerie de Floride, figures de la résistance anti-armes

ETATS-UNIS Les élèves du lycée Marjory Stoneman Douglas vont marcher sur Washington le 24 mars...

Philippe Berry

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David Hogg (tout à gauche), Emma Gonzales à droite) et trois élèves rescapés de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas, sur CBS, le 18 février 2018.
David Hogg (tout à gauche), Emma Gonzales à droite) et trois élèves rescapés de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas, sur CBS, le 18 février 2018. — CBS

Ils ont entre 16 et 18 ans, la plupart ne peuvent pas voter mais ils ont un message pour Donald Trump, les élus et la National Rifle Association (NRA, le lobby des armes) : #NeverAgain (« Plus jamais »). Et avec une histoire forte, les adolescents rescapés de la tuerie du lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, sont devenus en quelques jours les nouvelles figures de la résistance anti-armes aux Etats-Unis. Ils enchaînent les plateaux télé, participeront à un grand débat sur CNN et seront reçus à la Maison Blanche mercredi. Avant d’organiser une grande marche sur Washington le 24 mars, pour mettre la pression aux élus afin « d’en terminer avec la violence des armes à feu et des fusillades de masse aux Etats-Unis ». Et alors que jusqu’à présent, le cycle infernal se répète sans que rien ne change, David Hogg, Emma Gonzales et leurs camarades sont décidés à résister sur le long terme.

Barricadé dans une classe, il interviewe ses camarades

Tout a commencé avec David Hogg, un élève en classe de terminal responsable du journal du lycée. Pendant que le tireur présumé, Nikolas Cruz, massacrait 17 personnes avec un fusil semi-automatique, Hogg, réfugié dans une salle avec une trentaine d’élèves, interviewe ses camarades sur ce qu’ils sont en train de vivre.

Dans la pénombre, une jeune fille appelle à « moins de discours et davantage d’action. Regardez-nous cachés dans un placard, ça ne devrait pas se produire ». « Je n’étais pas favorable à davantage de restrictions, je voulais chasser et j’étais fascinée par les armes mais cette expérience a changé mon point de vue. C’est tellement traumatisant que je ne peux même pas imaginer avoir une arme chez moi. Etre prise pour cible, dans mon école avec mes camarades et mes enseignants, ça m’a ouvert les yeux : nous avons besoin de plus de restrictions dans notre pays », ajoute une autre.

« Nous sommes les enfants, vous êtes les adultes. Faites quelque chose »

Un peu plus tard, David Hogg témoigne sur CNN avec l’assurance d’un homme politique et lance un cri du cœur aux élus du Congrès : « Nous sommes les enfants. Vous êtes les adultes. Faites quelque chose. »

« Honte à vous »

Samedi, lors d’une manifestation, sa camarade Emma Gonzales s’en est prise à Donald Trump et à tous les élus qui reçoivent de l’argent de la NRA, leur lançant : « Honte à vous ». « Si le président me dit en face que c’était une terrible tragédie et qu’on ne peut rien y faire, je lui demanderai combien il a touché de la National Rifle Association. Je le sais : 30 millions de dollars », a dit rageusement la jeune fille, en comparant cette somme au nombre de victimes des fusillades qui ont ensanglanté le pays depuis le début de l’année. « C’est ce que valent ces gens pour vous, M. Trump ? »

Une marche en mars

Mercredi, des élèves rescapés et des parents participeront à un débat sur les armes diffusé par CNN. Le sénateur Marco Rubio, qui a régulièrement défendu la NRA, devrait être présent. D’autres lycéens seront reçus le même jour par Donald Trump, qui a promis de les « écouter ».

La mobilisation ne faiblit pas : ils ont des comptes Facebook et Twitter, un hashtag, et ils organisent la « Marche pour nos vies », qui aura lieu le 24 mars à Washington. David Axelrod, l’ancienne éminence grise de Barack Obama, trouve « ces enfants fascinants » et leur message « puissant ». Il pose la question : « Seront-ils l’étincelle qui va allumer le feu d’une réforme de bon sens ou reviendra-t-on à l’indifférence habituelle, jusqu’à la prochaine tragédie ? »