Brésil: Prise d'otages dans une prison après une tentative d'évasion avortée

MUTINERIE Cette mutinerie survient alors que le président Michel Temer a annoncé la création d’un ministère de la Sécurité publique…

20 Minutes avec agences
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Une prison au Brésil (illustration).
Une prison au Brésil (illustration). — Felipe Dana/AP/SIPA

Huit surveillants et dix détenus ont été pris en otages pendant plusieurs heures, ce dimanche, dans la prison Milton Dias Moreira de Japeri, située à environ 55 km du centre de Rio de Janeiro (Brésil).

La mutinerie avait débuté dans l’après-midi à la suite d’une tentative avortée d’évasion, a précisé dans un communiqué l’administration pénitentiaire de Rio. Tous les otages ont été libérés vers minuit alors que trois détenus ont été blessés.

Création d’un ministère de la Sécurité publique

Cette mutinerie survient alors que le président brésilien Michel Temer vient d’annoncer la création d’un ministère de la Sécurité publique. Il a également confié à l’armée le commandement des forces de police de l’État de Rio de Janeiro, en proie à une flambée de violence. Il s’agit d’une mesure inédite depuis le retour à la démocratie en 1985.

Après l’annonce de ce décret, les autorités ont indiqué dimanche qu’elles avaient anticipé d’éventuelles réactions de colère dans les prisons, en mobilisant des « moyens de contrôle ». « C’était prévu » [qu’il puisse y avoir des incidents], a commenté le ministre de la Justice, Torquato Jardim.

Surpopulation carcérale

Comme nombre d’établissements pénitentiaires au Brésil, la prison Milton Dias Moreira souffre d’une forte surpopulation. Le pays compte la troisième population carcérale du monde, avec 726.712 détenus recensés en juin 2016, soit quasiment deux fois plus que le nombre de places dans les prisons.

Depuis le début de l’année, plusieurs graves mutineries ou accès de violences entre détenus ont déjà été recensées dans les établissements du pays. Le 1er janvier, une rébellion dans une prison de Goias (centre-ouest) a fait neuf morts, certains ayant été décapités ou brûlés vifs. Fin janvier, dix détenus ont aussi été tués lors d’affrontements entre membres de factions rivales de narcotrafiquants dans la prison d’Itapajé (nord-est).