Tuerie dans un lycée en Floride: «Qu'est-ce qui va changer après ça? Rien»

ETATS-UNIS Comme à chaque fois, les républicains insistent que «ce n'est pas le moment» de parler des armes...

Philippe Berry
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Des familles attendent d'avoir des nouvelles après une fusillade au lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride, le 14 février 2018.
Des familles attendent d'avoir des nouvelles après une fusillade au lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, en Floride, le 14 février 2018. — Joel Auerbach/AP/SIPA

Un jeune homme souffrant de troubles mentaux. Un fusil semi-automatique acheté légalement. Des vies d’enfants, d’adolescents et d’adultes fauchées. Des familles déchirées. Les condoléances du président américain. Les appels des démocrates à durcir les lois. Aux Etats-Unis, le cycle des fusillades de masse dans les établissements scolaires se répète, encore et toujours. « Qu’est-ce qui va changer après » la tuerie qui a fait 17 victimes, mercredi, dans un lycée de Floride ? « Rien », s’est emporté un élu, jeudi.

« Ce n’est pas le moment »

« On a déjà vu cette histoire. Maintenant, c’est dans ma ville. Pendant que mon fils de 4 ans apprenait à écrire son nom à l’école maternelle, la fille de son institutrice a été tuée dans la fusillade. Et vous savez ce qui va changer après ça ? Rien. Les élus doivent regarder ces parents dans les yeux et leur dire : ''Nous ne ferons rien'' », a tonné le représentant démocrate de Floride Jared Moskowitz.

Donald Trump le premier a juré de s’attaquer « au problème de la santé mentale » mais il est resté muet sur les armes, jeudi, ne prononçant pas le mot « gun » une seule fois lors de son allocution. Le speaker de la Chambre, Paul Ryan, a estimé qu’il était « trop tôt pour tirer des conclusions » et le sénateur Marco Rubio a répété que ce n’était « pas le moment de parler politique » au lendemain d’une telle tragédie. L’heure, insistent de nombreux républicains, est « au rassemblement et à la prière ». Seul le gouverneur républicain de Floride, Rick Scott, a tenu un refrain différent, déclarant: « Quelqu’un qui a une maladie mentale ne devrait pas être autorisé à acheter une arme, je suis ouvert au dialogue sur cette question. »

Un débat « dans les jours à venir »

Sous Bill Clinton, les démocrates avaient pourtant interdit pour 10 ans les « armes d’assaut » comme les fusils semi-automatiques AR-15, utilisés dans de nombreuses tueries de masse comme à Aurora, Sandy Hook et au lycée Marjory Stoneman Douglas à Parkland, mercredi. Mais en 2004, le Congrès, contrôlé par les républicains, avait laissé la mesure expirer. Et en février dernier, Donald Trump a annulé un décret imposé par Barack Obama qui visait à empêcher certaines personnes souffrant de maladie mentale d’acheter une arme en obligeant la sécurité sociale à fournir ses registres au FBI.

Après la fusillade de Las Vegas, la Maison Blanche avait promis qu’un débat pourrait avoir lieu « dans les jours et les semaines à venir ». Depuis, il y a eu une vingtaine d’incidents avec des armes à feu dans des écoles, dont neuf fusillades ayant fait 29 morts et 57 blessés. Le débat attendra.