Grande-Bretagne: La justice maintient le mandat d'arrêt contre Julian Assange

POURSUITES Le tribunal londonien de Westminster, qui avait déjà jugé ce mandat d’arrêt valide le 6 février, a estimé que son maintien n’allait « pas à l’encontre de l’intérêt public »…

20 Minutes avec AFP

— 

Le 5 février 2016, Julian Assange. AP Photo/Kirsty Wigglesworth.

Le 5 février 2016, Julian Assange. AP Photo/Kirsty Wigglesworth. — Kirsty Wigglesworth/AP/SIPA

La justice britannique a tranché. Elle a une nouvelle fois refusé ce mardi de lever le mandat d’arrêt visant Julian Assange, qui ne pourra donc pas sortir libre de l’ambassade d’Equateur à Londres où il est réfugié depuis bientôt six ans.

Le tribunal londonien de Westminster, qui avait déjà jugé ce mandat d’arrêt valide le 6 février, a estimé que son maintien n’allait « pas à l’encontre de l’intérêt public », comme le soutenait la défense de Julian Assange. « Je trouve que l’arrestation est une réponse proportionnée, même si Julian Assange a lui-même restreint sa propre liberté depuis plusieurs années », a ajouté la juge Emma Arbuthnot.

Assange craint d’être extradé aux Etats-Unis

L’Australien de 46 ans avait trouvé asile en juin 2012 dans l’ambassade d’Équateur, immeuble de briques rouges situé dans le quartier chic de Knightsbridge, pour échapper à une extradition vers la Suède où il était recherché depuis fin 2010 pour des accusations de viol et d’agression sexuelle qu’il niait.

Le fondateur de WikiLeaks craint, en cas d’arrestation, d’être extradé et jugé aux États-Unis pour la publication par WikiLeaks en 2010 de nombreux secrets militaires et documents diplomatiques américains.

Le cours de la justice « entravé » par le refus d’Assange de se rendre

« Le fait qu’il refuse de se rendre a entravé » le cours de la justice, a jugé la magistrate, estimant qu’il s’agissait d’un « homme qui cherche à imposer ses propres termes au cours de la justice ». Les poursuites pour viol ont été abandonnées en mai 2017, mais le tribunal de Westminster n’avait pas suivi, la semaine dernière, l’argument de la défense selon lequel cela rendait le mandat d’arrêt caduc.

>> A lire aussi : L'Equateur naturalise Julian Assange, réfugié à Londres

La juge l’avait au contraire maintenu, estimant qu’il avait été délivré après que Julian Assange eut enfreint les conditions de sa liberté sous caution.

Répondant mardi aux arguments de la défense, qui avait invoqué l’impossibilité de son client d’accéder aux soins médicaux, elle a estimé que ses « problèmes de santé pourraient être bien pires » et qu’il ne manquait pas de lumière du jour à l’ambassade où il vit dans un petit appartement, avec un chat pour seule compagnie.