Corée du Nord: Kim Jong-un salue la Corée du Sud, hôte des JO 2018, pour son hospitalité

ESPRIT COUBERTIN Le leader nord-coréen appelle à poursuivre la détente dans la péninsule…

20 Minutes avec AFP

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Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un en mai 2016.
Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un en mai 2016. — Ed JONES / AFP

Il est satisfait. Le leader nord-coréen Kim Jong Un a, en effet, salué la qualité de l’accueil réservé par le Sud à sa sœur lors de sa visite historique à l’occasion des Jeux olympiques et jugé « important » de poursuivre la détente sur la péninsule.

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Considérée comme une des plus proches confidentes du numéro un, Kim Yo-jong faisait partie de la délégation officielle qui s’est rendue en Corée du Sud ce week-end pour le début des Jeux olympiques d’hiver de Pyeongchang.

Les JO ont permis un spectaculaire rapprochement entre Nord et Sud.

Elle a remis ce samedi au président sud-coréen Moon Jae-in de la part de son frère une invitation à un sommet à Pyongyang. Le président sud-coréen n’a pas immédiatement accepté, indiquant que « les bonnes conditions » devaient être réunies. La Corée du Nord est la cible d’une série de sanctions prises par le Conseil de sécurité des Nations unies pour la forcer à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits.

Après deux années de montée des tensions sur la péninsule en raison de la course à l’arme atomique de Pyongyang et des échanges d’insultes et de menaces avec les Etats-Unis, les JO de Pyeongchang ont permis un spectaculaire rapprochement entre Nord et Sud.

Important de continuer à entretenir « le climat chaleureux de réconciliation »

Mais les analystes estiment que cette « détente » pourrait disparaître aussi vite qu’elle est née après les jeux Olympiques et Paralympiques, quand Séoul et Washington lanceront de vastes exercices militaires qui ont chaque année le don de provoquer la fureur de la Corée du Nord. Kim Jong-un a rencontré ce lundi la délégation à son retour à Pyongyang, a indiqué l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

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KCNA a indirectement cité Kim affirmant qu’il était important de continuer à entretenir « le climat chaleureux de réconciliation et de dialogue » généré par les JO, alors que le Nord avait pendant des mois maintenu l’incertitude sur son éventuelle participation. Le dirigeant nord-coréen a donné des instructions en vue de « mesures pratiques » permettant de garder cet élan, selon l’agence qui ne donne aucune précision sur ce que peuvent être ces mesures.

La sœur de kim Jong-un, objet de fascination

Les égards témoignés par le Sud à la présence nord-coréenne et l’accueil réservé par le Sud ont été « impressionnants », a ajouté selon KCNA Kim, qui a remercié Séoul pour ses « efforts sincères ». Il s’agit de la première réaction officielle de Kim Jong-un au voyage de sa sœur, qui a été la première membre de la dynastie qui règne sur la Corée depuis des décennies à fouler le sol du grand rival depuis la fin de la Guerre de Corée (1950-1953).

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Elle a à ce titre été un objet de fascination au Sud et pour les médias étrangers dès le moment où elle est apparue ce vendredi, entourée de gardes du corps, à l’aéroport international d’Incheon, en Corée du Sud. Elle a serré la main de Moon, encouragé avec lui l’équipe coréenne unifiée de hockey, et s’est même installée pour la cérémonie d’ouverture à quelques mètres seulement du vice-président américain Mike Pence, avec lequel elle n’a eu aucun contact.

En Corée du Sud, ce rapprochement ne plait pas à tout le monde

Chef de l’Etat en titre - une fonction essentiellement honorifique - Kim Yong-nam, le plus haut dignitaire nord-coréen à s’être jamais rendu au Sud, faisait également partie de la délégation officielle. Pour autant, la plupart des Sud-Coréens se montrent sceptiques à l’égard de la portée de cette visite, tout le monde ayant à l’esprit les trois essais nucléaires nord-coréens réalisés ces deux dernières années, et les dizaines de tests de missiles.

Et cette visite a été l’occasion de manifestations hostiles de la frange la plus conservatrice de la société sud-coréenne qui accuse Moon d’en avoir trop fait pour plaire à Pyongyang, voire même d’avoir sacrifié le rêve olympique de certaines sportives sud-coréennes sur l’autel de la politique.