Deux flics américains «ripoux» condamnés pour racket et corruption

ETATS-UNIS Ils étaient censés collecter des armes illégales mais faisaient main basse sur drogue et argent...

20 Minutes avec AFP

— 

Des policiers de la Gun task force de Baltimore, jugés pour racket et corruption.
Des policiers de la Gun task force de Baltimore, jugés pour racket et corruption. — POLICE

Non, on n’est pas dans un épisode de la série The Shield. Un tribunal de Baltimore a reconnu lundi deux policiers coupables de racket et d’association de malfaiteurs, à l’issue de l’un des plus importants procès de corruption policière ces dernières années aux Etats-Unis.

Daniel Hersl et Marcus Taylor, dont la peine sera prononcée ultérieurement, ont été dépeints durant l’audience comme « flics et voleurs » par le procureur Leo Wise, qui avait réuni à leur encontre des charges leur faisant encourir la réclusion à perpétuité.

Ce procès emblématique, dans le grand port de la côte est des Etats-Unis, a révélé des pratiques illégales généralisées chez des agents immergés dans les bas-fonds de la ville gangrenée par les gangs.

Gun task force

Au coeur du scandale s’est retrouvée la Gun Trace Task Force, unité d’élite censée traquer les armes disséminées dans les quartiers en déshérence de Baltimore, qui déplore une criminalité record. Huit policiers ont été inculpés, parmi lesquels six membres de cette brigade criminelle de terrain, qui ont plaidé coupable, espérant atténuer leur future sentence.

Les débats ont jeté une lumière crue sur les dérives des hommes de la Gun Trace Task Force, auteurs de rackets, de cambriolages, de fausses dépositions, de vols à main armée, etc. Pariant sur le fait que leurs victimes, issues de la minorité noire, n’oseraient jamais déposer plainte, les enquêteurs en civil faisaient main basse sur le produit de l’argent de la drogue. Alors que leur mission était de récupérer les armes illégales, ils ont largement animé cette contrebande, revendant les pistolets volés au lieu de les saisir.

Plus haut taux d’homicides

Le taux d’homicides à Baltimore est pire qu’à Chicago : la cité portuaire est arrivée en 2017 au deuxième rang national après St. Louis (Missouri), un bilan qui a justifié le remplacement en janvier du chef de la police. Les agents ripoux ont aussi trafiqué de la drogue, implanté des fausses preuves chez des suspects, triché sur leurs heures supplémentaires. Selon des experts, il faudra longtemps pour combler le fossé de défiance entre la police et la population de Baltimore, que cette affaire a contribué à creuser.