«Fitna», un brûlot sans originalité

PAYS-BAS 20minutes.fr a regardé le film du député d'extrême droite Geert Wilders…

Alexandre Sulzer

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Capture d'écran de «Fitna» de Geert Wilders
Capture d'écran de «Fitna» de Geert Wilders — Capture d'écran de Dailymotion

La première image de «Fitna» (guerre civile, en arabe), le pamphlet antimusulman du député hollandais Geert Wilders, représente la célèbre caricature danoise de Mahomet coiffé d'un engin explosif. Le Néerlandais revendique donc une filiation évidente avec le précédent scandale . Et, à l'image du compte à rebours qui commence en haut de l'écran, il compte bien faire de son film une bombe à retardement dans le monde musulman.

Pas sûr qu'il y parvienne. Son court-métrage n'est en effet qu'une compilation sans originalité d'images archives. Attentats, prêches d'imams intégristes, décapitations, extraits de la télévision palestinienne ou saoudienne al-Iqra se succèdent sur fond de musique angoissante. Ces images, que le spectateur attentif à l'actualité ne découvre pas, sont mises en parallèle avec certains versets du Coran. Avec un objectif évident: amalgamer islam, islamisme et terrorisme.

«L'idéologie islamique doit être vaincue»

Dans une seconde partie, intitulée «Les Pays-Bas sous le sortilège de l'islam», Geert Wilders se focalise sur son pays. Pour lui, l'avenir de la Hollande, recouverte de mosquées, se résumera à des homosexuels pendus, des enfants maculés de sang, des femmes violées… Après des histogrammes illustrant le danger démographique que représenterait les musulmans en Occident, le film se termine par un message politique: « E n 1945, le nazisme a été vaincu en Europe. En 1989, le communisme a été vaincu en Europe. Maintenant, l'idéologie islamique doit être vaincue. Stoppons l'islamisation, défendons notre liberté.»

Que du très banal finalement. Geert Wilders ne va pas jusqu'au bout de sa logique et ne fait que semblant d'arracher une page du Coran. Il va même jusqu'à préciser que le bruit de la déchirure provient d'une page de l'annuaire téléphonique. Mais en l'absence de réel acte blasphématoire - le «Submission» de Theo Van Gogh osait, lui, des versets coraniques sur un corps de femme nue - le député d'extrême droite fait chou blanc. Politiquement, c'est idiot. Cinématographiquement, c'est nul. D'ailleurs, Kurt Westergaard, le dessinateur de la caricature danoise, a porté plainte pour la récupération de son œuvre.