Inde: Une femme porte plainte contre son mari et son beau-frère... pour lui avoir volé un rein

TRAFIC D'ORGANES Rita Sakar affirme avoir été droguée lorsqu’on lui a fait signer un document attestant de son consentement au don de son rein droit…

Naomi Mackako

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Instruments de chirurgie. Image d'illustration.
Instruments de chirurgie. Image d'illustration. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Rita Sakar, une femme indienne originaire de l’Etat du Bengale occidental a porté plaine contre son mari et son beau-frère. Elle accuse les deux hommes de lui avoir volé son rein droit et de l'avoir vendu, rapporte The Telegraph India.

Fin 2017, la femme de 28 ans a appris qu’il ne lui restait plus qu’un seul rein lorsqu’elle a été conduite par un membre de sa famille à l’hôpital alors qu’elle ne se sentait pas bien. Deux examens médicaux ont révélé que Rita Sakar ne disposait plus que de son rein gauche, lequel s’était infecté.

Le rein droit manquant, le gauche infecté

Très vite, celle qui est aussi maman d’un enfant de 11 ans, a fait le lien avec des événements survenus deux ans plus tôt. D'après elle, son mari et son beau-frère l’auraient emmenée dans une maison de soins à Calcutta pour une appendicectomie alors qu’elle souffrait de maux à l’estomac.

« Avant d’aller chez le médecin à Calcutta, nous avions été hébergés chez un parent, on m’y avait donné une boisson gazeuse, après laquelle je me suis sentie engourdie. Nous sommes allés dans un centre de soins pour consulter un médecin qui m’a dit que j’avais besoin d’être opérée de l’appendicite. Le jour suivant, j’ai été opérée », a déclaré Rita auprès de The Telegraph India.

Une dot très chère payée

L’époux de Rita lui aurait fait signer un document attestant de son consentement à donner son rein à un habitant de Raipur. Le journal indien rapporte que le mari de la victime a refusé d’expliquer par quel moyen il était entré en contact avec le destinataire de l’organe et Rita assure qu’elle « n’en savai[t] rien » : « J’étais droguée et je ne me souviens pas d’avoir signé de papier. » Son mari aurait monnayé son rein droit pour obtenir la dot que la famille de Rita refusait de lui payer. Cette pratique, qui veut que la famille de la mariée verse une somme d’argent au mari au moment du mariage est interdite en Inde depuis 1961. Rita aurait subi des violences conjugales pendant des années en raison de cette absence de dot.

L’inspecteur en chef en charge de l’affaire, Udayshankar Ghosh, a déclaré : « Nous soupçonnons l’implication d’un racket, l’affaire a été enregistrée en vertu des dispositions de la loi sur la transplantation d’organes et de tissus humains. »

L’Organisation Mondiale de la Santé chiffre à 10.000 le nombre de transplantations illicites d’organes humains réalisées chaque année.