VIDEO. Japon: Le report à 2020 du mariage de la princesse Mako alimente les rumeurs

JAPON La presse spécule sur les raisons du délai des fiançailles de la princesse, qui doit épouser un roturier...

M.C. avec AFP
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La princesse Mako, petite-fille de l'empereur Akihito, salue la foule à Tokyo, le 2 janvier 2018.
La princesse Mako, petite-fille de l'empereur Akihito, salue la foule à Tokyo, le 2 janvier 2018. — Kazuhiro NOGI / AFP

Tabloïds, télévisions, grands journaux comme médias en ligne : toute la presse japonaise est en émoi mercredi après l’annonce, la veille, du report des fiançailles et du mariage de la princesse Mako, petite-fille de l’empereur Akihito. L’union de la jeune femme âgée de 26 ans avec Kei Komuro, un roturier qu’elle a rencontré durant ses études, devrait finalement être célébrée en 2020, ce qui alimente d’intenses spéculations sur les raisons de ce délai, sur fond de révélations de problèmes financiers de la mère du fiancé.

 

 

« Nous avons pris conscience que nous n’avions pas assez de temps pour préparer les cérémonies et notre nouvelle vie avant le mariage programmé en automne », a expliqué Mako, dans une déclaration diffusée par l’agence de la Maison impériale mercredi. 

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Le couple, qui avait annoncé ses fiançailles en septembre dernier, devait initialement célébrer son engagement lors d’une cérémonie traditionnelle le 4 mars, avant le mariage programmé le 4 novembre. Tentant de désamorcer le choc, l’agence de la Maison impériale a assuré que Mako et Kei souhaitaient toujours se marier et a nié que ce report ait un lien avec des articles de presse qui évoquaient récemment des problèmes d’argent rencontrés par la famille Komuro.

Une dette de 30.000 euros

Mais ce démenti n’a pas suffi à calmer les interrogations, certains estimant qu’il y a plus qu’une simple question de logistique derrière ce retard. Depuis plusieurs semaines, les tabloïds japonais s’intéressent de près aux finances de la mère de Kei Komuro.

Fin janvier, les deux plus gros hebdomadaires japonais ont rapporté qu’elle n’avait pas remboursé plus de 4 millions de yens (environ 29.558 euros) empruntés à son « ancien fiancé », citant une relation de ce dernier. L’homme a finalement annulé ses fiançailles devant les demandes incessantes d’argent de la mère de Kei Komuro, ajoutaient-ils.

Toujours selon ces journaux, cet argent aurait servi à payer les frais scolaires de Kei Komuro, notamment un semestre dans une université américaine. « Des inquiétudes ont été exprimées au sein de l’agence de la Maison impériale depuis que ces problèmes d’argent ont été révélés », assure pour sa part le quotidien Asahi.

Des fuites dans la presse auraient précipité l’annonce

Attendu par de nombreux journalistes devant son lieu de travail mardi soir, Kei Komuro ne s’est pas exprimé, se contentant de s’incliner devant la presse. Dans sa déclaration, la princesse Mako a aussi expliqué que le couple avait été contraint d’annoncer ses fiançailles « bien plus tôt que prévu » en septembre, après des fuites dans la presse dès le mois de mai 2017.

« Nous aurions dû y réfléchir à deux fois pour être sûrs que le moment était le bon pour nous… Maintenant, nous voulons organiser ce mariage, un évènement majeur dans une vie, d’une meilleure manière », a-t-elle ajouté.

L’abdication de l’empereur est prévue le 30 avril 2019

Ce report à 2020 intervient également alors que des étapes importantes attendent la famille impériale l’an prochain. L’abdication de l’empereur Akihito, âgé de 84 ans, est prévue le 30 avril 2019. Ce sera une première depuis plus de deux cents ans au Japon. Dans la foulée, son fils aîné, Naruhito, qui aura 58 ans ce mois-ci, sera intronisé.

Mako est la fille aînée du prince Akishino, le frère de Naruhito. Son mariage avec Kei Komuro, un roturier, entraînera son exclusion de la famille impériale, en vertu d’une loi controversée qui ne s’applique qu’aux femmes. Le quotidien économique Nikkei s’est lui inquiété mercredi que Kei Komuro puisse être jugé illégitime à épouser la princesse en raison de sa fortune ou de son statut. « Ce serait une honte pour un pays démocratique », selon le journal.