De l'entente cordiale à l'entente amicale?

DIPLOMATIE Nicolas Sarkozy vient renforcer, en grande pompe, les relations transmanches…

Avec agence

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A leur arrivée à l'aéroport londonien de Heathrow, vers 11h30 GMT, le président et son épouse, habillée d'un élégant ensemble gris avec petit béret assorti, ont été accueillis par le prince Charles et son épouse Camilla, avant de partir en convoi vers Windsor.
A leur arrivée à l'aéroport londonien de Heathrow, vers 11h30 GMT, le président et son épouse, habillée d'un élégant ensemble gris avec petit béret assorti, ont été accueillis par le prince Charles et son épouse Camilla, avant de partir en convoi vers Windsor. — Shaun Curry AFP

Welcome. Le Royaume-Uni a déroulé mercredi le tapis rouge pour Nicolas Sarkozy et son épouse Carla, qui ont entamé en fin de matinée une visite d'Etat de deux jours avec l'espoir affiché de lancer une «nouvelle fraternité franco-britannique».

A leur arrivée à l'aéroport londonien de Heathrow, vers 12h30, le président et son épouse, habillée d'un élégant ensemble gris avec petit béret assorti, ont été accueillis par le prince Charles et son épouse Camilla, avant de partir en convoi vers Windsor.

Beaucoup de badauds

Pour accueillir ses hôtes dans son château préféré, la reine Elizabeth II a déployé toute la pompe royale réservée aux invités de marque: le Président français doit notamment parcourir les dernières hectomètres grimpant vers l'imposante forteresse, aux côtés de la reine à bord d'un carrosse, tandis que son épouse Carla doit partager un autre carrosse avec le mari de la reine, le prince Philip.

Malgré un crachin typiquement britannique, plusieurs centaines de curieux se sont massés derrière les barrières érigées le long du parcours dès le milieu de matinée. «Honnêtement je suis là pour voir la femme du président, comme j'imagine 90% des gens ici», reconnaît Mike Thorpe, un retraité anglais d'une soixantaine d'années, dans un éclat de rire. Son épouse Sheila assure faire partie des 10% restants. «Non, moi je suis venue plus pour la reine.»

Déclaration devant les parlementaires

Mercredi vers 17h, le président français aura le très rare privilège de s'exprimer devant les Chambres des Communes et des Lords réunies dans le cadre solennel de la Galerie royale du Parlement de Westminster. Lors d'une interview à la BBC radio, diffusée mercredi matin, le chef de l'Etat a appelé de ses voeux une «nouvelle fraternité franco-britannique», une entente qui passerait de «cordiale» à «amicale». «Oui, j'ai l'ambition de travailler avec les Anglais, main dans la main, contre personne. Cela ne remet pas en cause la nécessité d'un axe Paris-Berlin. Cela la complète, voilà la vérité des choses.»

Il a par ailleurs appelé la Grande-Bretagne, en plein débat sur la ratification du traité de Lisbonne, à une participation plus nette en faveur de la construction européenne. «Moi je dis: mettez-vous à l'intérieur de l'Europe, on a besoin de vous, on a besoin de votre force, on a besoin de votre potentiel, on a besoin de votre dynamisme.»

Dîner formel

Mercredi soir, le couple présidentiel retournera à Windsor où la reine les régalera d'un banquet au cérémonial rigoureux: le moindre faux-pas, la moindre entorse au protocole soulèverait d'indignation de nombreux sourcils royaux, et ne manquerait pas d'être abondamment commenté jeudi.

Après une première journée avant tout protocolaire, la visite d'Etat prendra jeudi une coloration plus politique avec le premier sommet bilatéral depuis l'accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy et du Premier ministre Gordon Brown, qui se tiendra dans le cadre inhabituel de l'Emirates Stadium, le stade d'Arsenal, le plus français des clubs de football d'outre-Manche. Les deux responsables et leurs ministres doivent notamment aborder le dossier de l'Afghanistan où Paris devrait envoyer un millier de soldats supplémentaires. Ils pourraient également annoncer un plan commun pour construire des centrales nucléaires en Grande-Bretagne.