Pour les Britanniques, Carla éclipse Nicolas

Sandrine Cochard

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Le président français Nicolas Sarkozy a assuré mercredi dans un entretien accordé à la radio BBC qu'il tenait compte des critiques qui lui avaient été adressées sur son style, responsables pour partie de sa récente chute dans les sondages.
Le président français Nicolas Sarkozy a assuré mercredi dans un entretien accordé à la radio BBC qu'il tenait compte des critiques qui lui avaient été adressées sur son style, responsables pour partie de sa récente chute dans les sondages. — Awad Awad AFP

Une visite d’Etat sous le feu des projecteurs. Mercredi matin, la presse britannique revient largement sur le séjour de Nicolas Sarkozy au Royaume-Uni, mercredi et jeudi.

«Gordon Brown (le Premier ministre britannique, ndlr) et Nicolas Sarkozy ont tous les deux besoin de faire de cette visite un succès», affirme «The Independant» pointant la cote de popularité en berne des deux hommes. De son côté, le «Daily Telegraph» s’interroge: «Gordon Brown a-t-il besoin de Nicolas Sarkozy?». Les deux hommes, au style de vie diamétralement opposé, ont beaucoup en commun, soutient le journal, qui souligne leur parcours similaire: «Il y a quelques mois, Mr Brown était considéré comme un Premier ministre compétent qui, s’il n’avait pas l’affection de la nation, avait son respect. Mais les choses ont mal tourné.» Idem pour le Président, selon le journal. Mais qu’ont-ils donc à s’apporter? Une alliance stratégique dans un monde fragilisé par des crises économiques à répétition et des conflits armés aux conséquences encore imprévisibles. Avec un enjeu de taille: «Montrer que ces deux vieux pays, anciennes puissances coloniales, ont encore un rôle à jouer dans la gestion des problèmes mondiaux.»

Carla Bruni-Sarkozy, l’attraction de Windsor

Bien loin des considérations politiques, «The Independant» préfère porter son analyse sur les Premières dames. «Carla et Sarah (Brown, ndlr) vont-elles trouver un terrain d’entente?» s’interroge le quotidien, qui rappelle que la femme du Premier ministre britannique doit «veiller sur Mme Sarkozy durant quatre heures, pendant que Gordon Brown et Nicolas Sarkozy visiteront l’Emirates Stadium. Ce qui inclus discuter brièvement avant un déjeuner à Lancaster House.»

Et le journal de souligner, affirmant que Carla Bruni-Sarkozy est le personnage le plus «colourful» (comprendre haut en couleurs) reçu par le royaume lors d’une visite d’Etat: «Au moins, Mme Brown, qui n’aime pas être le centre de l’attention, sera contente de ne pas être celle sur laquelle tous les regards des curieux vont converger.»

Carla nue

Malgré une certaine fascination pour la modernité du couple présidentiel, la presse britannique ne peut s’empêcher quelques petites piques. «Contrairement aux rumeurs, l’ancienne top model devenue chanteuse ne va pas gratter sa guitare dans une des suites du château de Windsor, mais en France, sa maison de disques utilise cette visite d’Etat pour promouvoir la sortie de son dernier album», souligne «The Independant». Et le journal de poursuivre, ironique: «Lorsque la visite a été planifiée, Nicolas Sarkozy et Carla Bruni devaient dormir dans des chambres séparées, bien que leur relation soit publique, parce qu’ils n’étaient pas mariés. Le mariage a eu lieu le mois dernier. Quel soulagement.»

Quant au «Daily Mail», il n’hésite pas à publier le cliché de Carla Brunie, nue, qui sera vendu le 10 avril aux enchères chez Christie’s. Une vente qui suscite la colère de la Première dame, pour qui le timing est mal choisi. Et le journal de conclure: «Des officiels français affirment que son mari souhaiterait qu’on la reconnaisse comme une “Lady Di française”.» La reine Elisabeth, déjà très à cheval sur le protocole, appréciera.