Crise au Tibet et aux JO: le ton monte entre la Chine et la communauté internationale

DIPLOMATIE Pékin a fait part de son mécontentement au lendemain d'un durcissement de la position française...

Avec agence

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AFPTV/Assemblée Nationale

Vers une crise diplomatique? Face aux pressions internationales à l'approche des Jeux olympiques d'août à Pékin, la Chine a haussé le ton ce mercredi contre l'Occident.

Pékin a notamment fait part de son mécontentement au lendemain d'un durcissement de la position française. «Nous devons nous en tenir à l'esprit olympique et ne pas politiser les jeux», a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Qin Gang, interrogé sur des propos de Nicolas Sarkozy.

Durcissement de la position française et belge

Confronté aux critiques des défenseurs des Droits de l'homme sur un manque de pugnacité vis-à-vis de Pékin, le Président français n'a pas écarté mardi un boycott de la cérémonie d'ouverture des Jeux, le 8 août, pour protester contre la répression au Tibet.

Le vice-Premier ministre et ministre des Finances belge a été plus loin ce mercredi. Didier Reynders n'a pas exclu l'éventualité d'un boycott des Jeux olympiques eux-mêmes si la situation continuait de se dégrader au Tibet, dans un entretien au quotidien «Le Soir».

Opposé à toute réception officielle du dalaï lama

Le porte-parole chinois a par ailleurs mis en garde contre toute réception officielle du dalaï lama par Paris ou d'autres capitales. «Le gouvernement chinois s'oppose fermement à toute forme de contact officiel du dalaï lama avec n'importe quel pays», a indiqué Qin Gang, en réaction à des déclarations de la secrétaire d'Etat française aux droits de l'Homme Rama Yade, qui s'était dit prête mardi à recevoir le chef spirituel tibétain.

Le chef de la diplomatie française Bernard Kouchner avait également estimé que si le dalaï lama venait en France, Nicolas Sarkozy en personne devrait le rencontrer. Le leader spirituel, accusé par Pékin d'avoir organisé les troubles au Tibet, sera en France du 15 au 20 août pendant les JO pour donner une conférence pastorale, une visite prévue avant la crise actuelle.

140 morts selon le gouvernement tibetain en exil

Qin Gang en a profité pour appeler les pays étrangers à adopter, dans la crise tibétaine, une «attitude objective et impartiale pour comprendre et soutenir les mesures justes et nécessaires prises par la Chine afin de préserver la stabilité sociale et protéger la sécurité des biens et des personnes». «Déjà plus d'une centaine de gouvernements étrangers ont indiqué qu'il s'agissait d'une position correcte», a-t-il assuré.

Mercredi, Pékin a indiqué que plus de 600 personnes s'étaient livrées à la police après les émeutes sanglantes de Lhassa et les troubles dans les régions avoisinantes du Tibet. Si les autorités font état de 20 morts, 18 civils «innocents» et deux policiers, les Tibétains en exil parlent de 140 morts.