Elections à Chypre: 5 choses à savoir sur l'île divisée depuis plus de 40 ans

ELECTIONS Depuis l’invasion de la partie nord de l'île par la Turquie en 1974, les populations sont séparées par une « zone tampon » gérée par les Nations unies...

M.C. avec AFP

— 

Un homme regarde son téléphone à Nicosie, le 2 février 2018.
Un homme regarde son téléphone à Nicosie, le 2 février 2018. — Petros Karadjias/AP/SIPA

Le deuxième tour s’annonce serré dans la République de Chypre, membre de l’Union européenne et de la zone euro, qui élit son président dimanche. Un scrutin qui ne concerne que les deux tiers du territoire coupé en deux, soit la partie habitée par les Chypriotes grecs. Voici cinq choses à savoir sur cette île méditerranéenne divisée depuis 1974.

  • Elle a accédé à l’indépendance en 1960

Ile de la Méditerranée orientale de 9.250 km², Chypre est située à 60 km des côtes turques et 100 km des rives syriennes. Administrée ou colonisée successivement par les Grecs, les Perses, les Egyptiens, les Romains, les Byzantins, les Francs, les Vénitiens puis les Ottomans, l’île passe sous administration britannique en 1878 et devient colonie en 1925. Mgr Makarios mène l’île à son indépendance en 1960 et en devient le premier président, jusqu’à sa mort en 1977.

Sa population de 1,15 million d’habitants est majoritairement chrétienne orthodoxe (80 %). Les musulmans représentent environ 18 % et on trouve de petites communautés maronite (6.000), arménienne (3.000) et catholique (700). La capitale est Nicosie, coupée en deux par la ligne de démarcation. Le grec et le turc sont les langues officielles. L’anglais est également très répandu.

  • Deux parties séparées par une « zone tampon »

Chypre est divisée depuis l’invasion de sa partie nord par la Turquie en 1974. Les populations chypriote-grecque et chypriote-turque sont depuis séparées par une « zone tampon » gérée par les Nations unies.

La République de Chypre n’exerce son autorité que sur les deux tiers de l’île, dans le sud, où vivent 850.000 Chypriotes-grecs. Dans le tiers nord de l’île résident 300.000 Chypriotes-turcs administrés par la République turque de Chypre du Nord (RTCN, autoproclamée et reconnue uniquement par Ankara). Nicos Anastasiades (conservateur) est président de la République depuis 2013. Dans le nord, Mustafa Akinci dirige la RTCN.

Des soldats des Nations Unies gardent la zone tampon qui sépare les deux parties de Chypre.
Des soldats des Nations Unies gardent la zone tampon qui sépare les deux parties de Chypre. - Iakovos Hatzistavrou / AFP

 

Un plan de l’ONU destiné à réunifier l’île, soumis à un référendum en 2004, a été approuvé par les Chypriotes-turcs mais rejeté par les Chypriotes-grecs et l’île est entrée la même année, divisée, dans l’Union européenne. En 2008, elle a intégré la zone euro. Après de multiples tentatives infructueuses, de nouvelles négociations sous l’égide de l’ONU ont à nouveau échoué en 2017.

  • Des installations militaires britanniques stratégiques

Depuis l’indépendance de l’île, la Grande-Bretagne y maintient deux bases militaires qui abritent des installations aériennes stratégiques. Ces bases sont sous la juridiction du Royaume-Uni et englobent quelques villages.

Elles ont servi de centres de collecte de renseignements et de bases arrière pour les opérations aériennes britanniques dans le cadre de la coalition internationale sous commandement américain qui combat le groupe djihadiste Etat islamique en Syrie et en Irak.

  • Plages et casinos attirent les touristes en masse

Du soleil toute l’année, des plages de sable fin et des eaux cristallines : Chypre, surnommée « l’île d’Aphrodite », est depuis longtemps une destination touristique.

En 2017, profitant de l’instabilité dans d’autres pays de la région comme l’Egypte ou la Turquie, Chypre a battu son record d’affluence, avec 3,5 millions de touristes, dont une grande partie de Britanniques et de Russes.

Le bord de mer à Chypre.
Le bord de mer à Chypre. - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

 

Si les casinos sont présents depuis des années dans le nord, le sud en était lui dépourvu notamment en raison de l’opposition de la puissante église orthodoxe. Mais le gouvernement les a autorisés en 2015 et un casino présenté comme le plus grand du genre en Europe doit ouvrir ses portes sur l’île d’ici 2021.

  • L’économie relancée en moins de quatre ans après la crise grecque

L’essor du tourisme a aidé l’île à surmonter une grave crise financière. La crise grecque a en effet frappé Chypre de plein fouet. Et en mars 2013, Nicosie a dû faire appel à la troïka (Commission européenne, Banque centrale européenne, Fonds monétaire international) afin d’éviter une faillite liée à un effondrement de ses banques.

Un plan de sauvetage de 10 milliards d’euros a été accordé en contrepartie de mesures draconiennes d’austérité. Le secteur bancaire a été restructuré, d’importantes baisses de salaires dans le secteur privé comme dans la fonction publique ont été réalisées, tandis que les impôts sur la consommation et la propriété ont augmenté.

Les autorités sont parvenues à relancer l’économie en moins de quatre ans. Chypre espère par ailleurs trouver suffisamment de gaz dans ses eaux territoriales pour devenir un acteur majeur du marché régional de l’énergie.