Sénégal: Macron promet l'aide de la France pour lutter contre l'érosion

DIPLOMATIE Quinze millions seront débloqués pour financer la construction d'une digue, un chantier confié à un groupe français...

G. N. avec AFP

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Emmanuel Macron entouré du président sénégalais Macky Sall, et du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, samedi 3 février, à Saint-Louis.
Emmanuel Macron entouré du président sénégalais Macky Sall, et du président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, samedi 3 février, à Saint-Louis. — LUDOVIC MARIN / AFP

Une foule impressionnante a accueilli samedi à Saint-Louis du Sénégal Emmanuel Macron, qui a annoncé une aide de 15 millions d’euros pour lutter contre l’érosion côtière qui menace la ville. Le président français a également annoncé une aide de 25 millions d’euros pour la préservation et la rénovation du patrimoine historique de l’ancienne capitale de l’Afrique-Occidentale française et du Sénégal. Ces fonds, promis par la France depuis des années, n’avaient jamais été engagés, a précisé l’Elysée.

L’assaut des vagues a déjà obligé 200 familles de Saint-Louis à déménager, soit environ 2.000 personnes, et à court terme ce sont près de 10.000 qui devront être relogées, selon Louise Cord, directrice Sénégal de la Banque Mondiale.

Visite de l’île de Gorée pour Brigitte Macron

Samedi matin, des dizaines de milliers d’habitants ont envahi le centre de cette ville de pêcheurs du nord du pays, à l’embouchure du fleuve Sénégal, qui fut le premier établissement fondé au sud du Sahara par la France au XVIIe siècle, ont rapporté des journalistes de l’AFP. Arrivé en avion de Dakar, où il participait la veille à une conférence sur l’éducation, Emmanuel Macron, 13 ans après la dernière visite de Jacques Chirac, était accompagné à Saint-Louis de son homologue sénégalais, Macky Sall.

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Les épouses des deux présidents étaient également du voyage, dernière étape de la visite officielle du président français au Sénégal. Brigitte Macron avait visité la veille l’île de Gorée, symbole de la traite négrière au large de Dakar, où elle s’est rendue dans un internat d’excellence de jeunes filles. « L’accueil des femmes, sur l’île de Gorée, de ma vie je n’ai jamais vécu ça. C’était incroyable. Elles voulaient bien me faire comprendre qu’on est toutes solidaires », a-t-elle confié à l’AFP.

Quinze millions pour un groupe français

Après avoir annoncé vendredi la hausse de l’engagement français dans le Partenariat mondial pour l’éducation (PME) à 200 millions d’euros, contre 17 millions précédemment, Emmanuel Macron a annoncé que l’Agence française de développement (AFD) allait débloquer 15 millions d’euros pour construire « dans l’année » une digue de rochers le long de la partie sud de la Langue de Barbarie, un chantier confié au groupe français Eiffage. Elle permettra de retarder l’effet de la montée des eaux qui ronge cette étroite bande de sable d’une trentaine de kilomètres de long, peuplée de 55.000 habitants, qui protège la ville de l’océan.

Aux côtés d’Emmanuel Macron, le président de la Banque Mondiale, Jim Yong Kim, a pour sa part annoncé une aide d’urgence de 30 millions de dollars (24 millions d’euros) d’ici au mois de mars pour reloger 900 familles, soit environ 10.000 personnes, vivant dans les quartiers de pêcheurs les plus touchés, qui perdront leur maison à court terme.

« Le monde entier a une dette envers l’Afrique »

« Les Africains ont très peu contribué aux émissions de CO2 mais subissent l’impact le plus dévastateur du changement climatique. Le monde entier a une dette envers l’Afrique, dont le Sénégal, pour reconstruire ses côtes », a lancé Jim Yong. Kim devant la presse.

Le président français a observé les dégâts de l’océan avant de rejoindre, dans une voiture décapotable roulant au pas, debout aux côtés de Macky Sall, la place du cœur de la ville où trône la statue de Louis Faidherbe, gouverneur colonial du Sénégal (1854-1861 et 1863-1865). « Nous avons vu l’érosion côtière, les peurs, les murs qui tombent, l’activité économique détruite et la ville qui peu à peu recule devant ce que certains parfois veulent encore nier, les effets du changement climatique​ », a-t-il lancé lors d’un discours.