L'élu démocrate Joe Kennedy, petit-neveu de JFK, a répondu au discours de Donald Trump sur l'état de l'Union.
L'élu démocrate Joe Kennedy, petit-neveu de JFK, a répondu au discours de Donald Trump sur l'état de l'Union. — AP/SIPA

PORTRAIT

Discours sur l'état de l'Union: Débuts mitigés pour le jeune Joe Kennedy

Considéré comme une star montante du parti démocrate, le petit-neveu de JFK a tenté de se faire un prénom en répondant au discours de Donald Trump...  

Il a 37 ans, la mâchoire carrée de ses aînés et un talent d’orateur certain. Mardi soir, Joseph Kennedy III, le petit-fils de Robert Kennedy et petit-neveu de l’ancien président américain John F. Kennedy, a fait ses débuts sur la scène nationale. Face aux caméras, il avait la lourde tâche de répondre au discours sur l’état de l’Union de Donald Trump. Il s’en est plutôt bien tiré mais beaucoup de commentateurs estiment qu'à l'heure du mouvement #MeeToo et du débat sur l'immigration, il n'était pas vraiment l’homme de la situation.

Qui est-il ?

Elu à la Chambre des représentants en 2012 à seulement 32 ans, il a été réélu deux fois depuis, dans sa circonscription du Massachusetts, près du bastion familial de Boston. Son père, Joseph Kennedy II, a lui aussi été congressman (l’équivalent de député) dans cette région.

Stanford, Harvard, service civil dans les Peace Corps pendant deux ans en Républicaine dominicaine, bureau du procureur… Il a le CV parfait pour devenir un jour président. Et c’est peut-être son problème : Donald Trump a gagné dans un climat de rejet des élites. Et alors que les femmes et les minorités donnent de la voix contre le président américain avec les mouvements #MeeToo et Black Lives Matters, « les démocrates ont choisi un héritier au sang bleu sorti d’une université Ivy League (le club des facs les plus prestigieuses) pour renouer avec les milieux populaire », a attaqué l’éditorialiste Philip Wegmann.

Pourquoi n’ont-ils pas fait le choix de la diversité pour donner du poids aux attaques contre Trump ? Comme l’explique Chris Cillizza sur CNN, le parti ne pouvait pas designer l’un des favoris pour 2020 (Elizabeth Warren, Kamala Harris, Kirsten Gillbrand ou Corry Booker) sans être accusé de favoritisme. Bernie Sanders, lui, a choisi de faire sa propre réponse sur Facebook.

Comment s’en est-il tiré ?

Sur le fond, plutôt bien. Il a dénoncé avec force une administration « qui ne s’attaque pas seulement aux lois qui nous protègent mais aussi à l’idée même que nous sommes tous dignes de protection ». Il s’en est pris au « caïd » Trump et s’est adressé aux Dreamers (les jeunes sans-papiers) en espagnol.

Sur la forme, il a eu la bonne idée d’organiser ce discours devant une centaine de personnes, qui ont pu applaudir et crier. Il a ainsi évité le côté « Je suis tout seul dans mon salon » qui a plombé de nombreux républicains pendant les deux mandats de Barack Obama.

Marco Rubio et sa bouteille d’eau étaient devenus un mème. Joe Kennedy, lui, a forcé sur le Labello, et sous les projecteurs, on ne voyait que ses lèvres brillantes, pour un effet pas vraiment flatteur. Evidemment, c’est ce qui a retenu l’attention du tout Twitter, de nombreux internautes se demandant s’il bavait.

Passer après un président trônant devant des colonnes de marbre et applaudi par des centaines d’élus est un exercice casse-gueule. En 44 éditions, seulement trois heureux élus ont terminé à la Maison Blanche : Gerald Ford, George Bush (père) et Bill Clinton. Pas sûr que Joe Kennedy devienne le quatrième.