Iran: Une femme emprisonnée un mois pour avoir enlevé son voile

HIJAB La répression à l’encontre des femmes qui enlèvent leur voile est loin d'être terminée en Iran…

20 Minutes avec agences

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 La photo de cette jeune femme iranienne brandissant son voile en pleine rue devient un symbole des manifestations.

La photo de cette jeune femme iranienne brandissant son voile en pleine rue devient un symbole des manifestations. — Twitter

La loi en vigueur en Iran depuis la Révolution islamique de 1979 impose aux femmes de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long.

Mais certaines sont en désaccord avec cette loi et elles le font savoir, quitte à se voir priver de liberté.

Vida Movahed libérée

Fin décembre, Vida Movahed avait défié l’autorité en sortant sans voile dans une rue très fréquentée de Téhéran. Interpellée et placée en détention, la jeune femme n’avait plus donné signe de vie depuis.

Elle a finalement été libérée mardi 30 janvier, selon une publication Facebook de son avocate. La trentenaire est entre-temps devenue un véritable symbole de la volonté d’émancipation des femmes dans le pays, rapporte The Guardian.

Une libération et une arrestation

Lundi 29 janvier, c’est une autre femme qui a été interpellée par la police après avoir été signalée sans voile, dans la même rue de Téhéran que Vida Movahed en décembre. Narges Hosseini s’était installée là pour poursuivre le combat entamé par la première.

Montée tête nue sur une armoire électrique, la jeune femme a posé plusieurs minutes avec son foulard pendu au bout d’une perche pour dénoncer l’obligation de port du voile.

Une caution hors de prix

Narges Hosseini est détenue à la prison de Gharchak à une trentaine de kilomètres au sud de Téhéran, selon son avocat Nasrin Sotoudeh, qui a affirmé avoir été contactée par sa famille pour la défendre. Trois autres femmes auraient mené le même jour une action similaire dans d’autres villes d’Iran.

Selon l’avocat de la jeune femme, la caution exigée pour sa libération a été fixée à 5 milliards de rials (90.000 euros), une somme très élevée. « Dans la mesure où le juge connaît la situation financière de la famille, fixer une caution aussi élevée montre que (les autorités) ont l’intention de maintenir cette personne en détention », a-t-il commenté.