Critiqué par Trump, le directeur adjoint du FBI quitte ses fonctions

ETATS-UNIS Accusé d'être pro-Clinton, Andrew McCabe devait partir à la retraite en mars...

Philippe Berry
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Le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe (droite), le 20 juillet 2017, aux côté du ministre de la Justice Jeff Sessions (centre) et de son adjoint Rod Rosenstein.
Le directeur adjoint du FBI, Andrew McCabe (droite), le 20 juillet 2017, aux côté du ministre de la Justice Jeff Sessions (centre) et de son adjoint Rod Rosenstein. — Andrew Harnik/AP/SIPA
  • Andrew McCabe a supervisé l'enquête sur les emails d'Hillary Clinton.
  • Sa femme a reçu un soutien politique et financier du parti démocrate lors d'une élection locale en 2015.
  • Une guerre est engagée entre les pro et anti-Trump sur l'impartialité du FBI et de l'enquête du procureur Robert Mueller.

Les turbulences au sein du FBI continuent. Après le limogeage du directeur James Comey l’an dernier, c’est le directeur adjoint de l’organisation, Andrew McCabe, qui quitte son poste. Selon NBC News, McCabe, dont l’impartialité est régulièrement remise en cause par Donald Trump, s’est mis en congé ce lundi et partira à la retraite – comme c’était prévu – en mars.

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Au cours des derniers mois, Donald Trump a multiplié ses critiques contre McCabe. « Pourquoi le ministre de la Justice Jeff Sessions n’a-t-il pas remplacé le directeur adjoint, un ami de Comey en charge de l’enquête sur Hillary Clinton mais qui a reçu 700.000 dollars d’Hillary Clinton et de ses associés pour la campagne de sa femme ? », demandait Donald Trump en juillet dernier.

Son épouse, Jill McCabe, a brigué – sans succès – un poste de sénatrice en Virginie en 2015 avec le soutien du parti démocrate, et elle avait reçu des contributions du comité d’action politique d’un proche d’Hillary Clinton, Terry McAuliffe.

L’impartialité du FBI en question

Donald Trump et les républicains accusent régulièrement Andrew McCabe d’avoir été trop indulgent contre Clinton dans l’affaire de son serveur privé d’emails. L’enquête avait dénoncé la « négligence extrême » de l’ancienne secrétaire d’Etat mais n’avait pas réclamé de poursuite judiciaire. Selon le New York Times, Donald Trump aurait par la suite demandé à McCabe pour qui il avait voté lors de la présidentielle, un point auquel le procureur spécial Robert Mueller pourrait s’intéresser dans le cadre de son enquête sur une possible obstruction à la justice.

Dans cette affaire, le FBI, censé être impartial, joue gros. Des républicains affirment que l’enquête du FBI sur Donald Trump a démarré en se basant sur les conclusions du fameux « dossier » compilé par l’ancien espion britannique Christopher Steele dans le cadre d’une opération de recherche d’opposition financée par le parti démocrate. Mais selon des élus démocrates, le FBI a ouvert une enquête sur une possible ingérence russe car il disposait d’une source ayant confirmé certains éléments du dossier.

Vers une audition de Donald Trump

L’enquête du FBI a depuis été reprise par le procureur spécial Robert Mueller, chargé de faire toute la lumière sur l’affaire. Selon plusieurs médias américains, Donald Trump aurait tenté d’obtenir la tête de Mueller l’été dernier mais l’avocat de la Maison Blanche, Don Mcgahn, aurait menacé de démissionner, afin de protéger le procureur.

Le bras de fer médiatique se poursuit et devrait culminer avec l’audition prochaine du président américain. Ce dernier s’est dit « impatient » à l’idée de témoigner mais il a indiqué qu’il suivrait la recommandation de ses avocats. Mueller pourrait toutefois le convoquer sous serment devant un grand jury, ce qui constituerait une première depuis Bill Clinton en 1998.