Le Pentagone appelle les soldats à ne pas cartographier publiquement leur footing

SECURITE L'emplacement de bases américaines semble avoir été révélé par des soldats utilisant l'app Strava...

20 Minutes avec AFP

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Des soldats américains et afghans à Kandahar en 2004 (illustration).
Des soldats américains et afghans à Kandahar en 2004 (illustration). — STR / AFP

L’information est sensible et n’avait pas vocation à être dévoilée. L’application de fitness Strava et son système de géolocalisation permettent de connaître la position de soldats américains et leurs alliés, comme l’a révélé un chercheur sur Twitter.

Si la position de certaines bases est connue de groupes susceptibles de les attaquer, la carte créée par le système de géolocalisation de l’application dévoile des itinéraires empruntés à proximité des bases, qui peuvent être utilisés pour prévoir des attaques.

Lundi, le Pentagone a indiqué qu'il allait «jeter un oeil sur [son] règlement en la matière pour être certain de notre sécurité opérationnelle et de la protection de nos forces». De manière générale, la recommandation aux militaires est d'utiliser les réglages permettant le maximum de discrétion. Selon Strava, la solution est simple : « Les athlètes qui ont paramétré leurs données «en privé» ne voient pas leurs données collectées. »

Des bases américaines apparaissent en Irak

Cette carte montre les déplacements des utilisateurs de l’application autour du monde, et indique également l’intensité desdits déplacements sur un parcours donné, formant une « visualisation en direct du réseau mondial des athlètes de Strava », selon les développeurs de l’outil.

Aux Etats-Unis ou dans l’ouest de l’Europe, la plus grande partie du pays est colorée et ne permet pas vraiment d’identifier un parcours. Mais dans certains pays, des itinéraires ressortent nettement.

La carte de l’Irak est majoritairement sombre, signe d’une faible utilisation de Strava, mais plusieurs bases militaires bien connues où sont stationnées les forces américaines et leurs alliés apparaissent en contraste. Cela concerne par exemple les bases de Taji, au nord de Bagdad, de Qayyarah au sud de Mossoul, de Speicher près de Tikrit et de Al-Asad dans la province d’Al-Anbar.

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Des sites plus confidentiels dévoilés

Mais des sites plus confidentiels sont aussi révélés par la carte, dans le nord et l’ouest de l’Irak. Plus dangereux, des portions de routes se détachent, signe que les utilisateurs de l’application gardaient avec eux leurs appareils pendant leurs déplacements, révélant potentiellement des itinéraires utilisés par l’armée régulièrement.

En Afghanistan, des endroits comme la base aérienne de Bagram (est) ou d’autres sites dans le sud du pays montrent une grande concentration d’activité.

Tobias Schneider, un spécialiste de la sécurité qui fait partie du groupe qui a découvert que des bases militaires pouvaient être repérées grâce à la carte, remarque que des sites militaires en Syrie ainsi que la base française de Madama, dans le nord du Niger, sont indiqués.

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