Un fossile trouvé en Israël repousse la sortie d'Afrique de l'homme moderne

ARCHEOLOGIE Cet ancêtre aurait vécu dans une période allant de 177.000 à 194.000 ans avant notre ère…

20 Minutes avec AFP

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Une partie d'une mâchoire retrouvée en Israël.
Une partie d'une mâchoire retrouvée en Israël. — Handout / Rolf Quam/Binghamton University / AFP

C’est une découverte majeure dans l’histoire de l’archéologie. La mise au jour du fossile d’un fragment de mâchoire dans une grotte en Israël repousse d’au moins 50.000 ans la sortie d’Afrique de l’homme moderne, apportant aussi un nouvel éclairage sur les croisements avec d’autres espèces comme les Néandertaliens.

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Avant cette découverte sur le site archéologique de Misliya, situé sur les pentes du mont Carmel, les plus anciens fossiles d’Homo sapiens trouvés hors d’Afrique dataient de 90.000 à 120.000 ans, précisent les chercheurs dont les travaux sont publiés ce jeudi dans Science.

« Nos ancêtres ont émigré d’Afrique beaucoup plus tôt que nous le pensions »

Or la partie gauche de cet os maxillaire supérieur, portant encore plusieurs dents, remonte à une période allant de 177.000 à 194.000 ans. « La découverte de Misliya est enthousiasmante », juge Rolf Quam, professeur d’anthropologie à l’université américaine de Binghamton, un des co-auteurs de l’étude. « Ce fossile est l’indication la plus solide à ce jour que nos ancêtres ont émigré d’Afrique beaucoup plus tôt que nous le pensions jusqu’alors », souligne-t-il.

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Cela signifie également que « les hommes modernes avaient potentiellement rencontré d’autres groupes d’humains archaïques pendant cette plus longue période de présence en Eurasie, offrant plus d’occasions d’échanges culturels et de croisements biologiques », explique le professeur Quam. Les scientifiques ont utilisé plusieurs techniques de datation sur le morceau de maxillaire et les dents de Misliya. Ils ont aussi analysé sa forme à l’aide de modèles virtuels en 3D.

Retrouvé dans une grotte effondré il a 160.000 ans

Les comparaisons avec des fossiles d’hominidés africains, européens et asiatiques ainsi qu’avec les populations humaines récentes ont montré que le fossile de Misliya provient, sans équivoque, d’un homme moderne. « Tous les détails anatomiques du fossile de Misliya correspondent bien à la morphologie des humains modernes mais certains traits sont également trouvés chez l’homme de Neandertal et d’autres groupes humains archaïques », pointe le professeur Quam.

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« Une des difficultés pour ces recherches a été d’identifier les caractéristiques anatomiques seulement trouvées chez les humains modernes qui ne laissent aucun doute sur l’espèce à qui appartenait le maxillaire et les dents fossilisés de Misliya », explique le scientifique. La voûte de la grotte de Misliya s’est effondrée il y a environ 160.000 ans, permettant de protéger jusqu’à aujourd’hui ce fossile et autres matériaux et objets enfouis dans les sédiments.