François présente des excuses aux victimes d'abus sexuels

EGLISE Le souverain pontife avait provoqué un tollé au Chili, par son soutien à un évêque chilien controversé, faute selon lui de « preuves » à son encontre…

20 Minutes avec AFP
— 
Le souverain pontife
Le souverain pontife — Giuseppe Ciccia/PACIFIC P/SIPA

Le pape François a fait son mea culpa. Le souverain pontife a présenté ce lundi « des excuses » aux victimes d’abus sexuels, après le tollé provoqué au Chili par son soutien à un évêque chilien controversé faute selon lui de « preuves » à son encontre, un mot dont il a reconnu qu’il avait « blessé ».

« Le jour où vous m’apportez une preuve contre l’évêque Barros, je vous parlerai. Il n’y a pas une seule preuve contre lui. Tout est calomnie. C’est clair ? », avait lancé abruptement jeudi l’Argentin, apostrophé par des journalistes au Chili.

« Mon expression n’a pas été heureuse »

Dans ce pays où le catholicisme est en chute, François a aussi choqué en donnant une accolade à Mgr Juan Barros, évêque soupçonné d’avoir gardé le silence sur les agissements d’un prêtre pédophile défroqué par le Vatican.

« Je dois présenter des excuses parce que le mot "preuve" a blessé tant de personnes victimes d’abus », a déclaré François lors d’une conférence de presse dans l’avion qui le ramenait à Rome. « Entendre le pape leur dire en face "apportez-moi une lettre avec la preuve", c’est une gifle et je me rends compte maintenant que mon expression n’a pas été heureuse », a-t-il dit.

>> A lire aussi : Pédophilie dans l'Eglise catholique: Le pape François exprime sa «douleur» et sa «honte»

Il a cependant rappelé que le Vatican avait enquêté sur Mgr Barros, sans trouver « d’élément pour le condamner ». Au risque de déplaire aux Chiliens, il s’est déclaré « convaincu » de l’innocence de l’évêque. « Vous me dites qu’il y a des victimes, mais je ne les ai pas vues, elles ne se sont pas présentées à moi », a-t-il argué, en reprenant son expression de « calomnie ».

Dans l’avion, le pape a estimé qu’il aurait dû parler d'« élément à charge ». « Le mot "preuve" n’était pas le meilleur pour me rapprocher d’un cœur endolori », a-t-il convenu. « Je sais qu’il y a beaucoup de personnes victimes d’abus qui ne peuvent apporter de preuve ».

« Je sais combien elles souffrent », a insisté François, qui a rencontré au Chili en privé deux victimes de prêtres pédophiles. Selon le Vatican, il a « prié et pleuré » avec elles.