Les troupes turques sont entrées dans le nord de la Syrie pour combattre une milice kurde

CONFLIT Le Premier ministre turc a annoncé avoir envoyé des soldats dans le nord de la Syrie, dans le cadre d’une offensive contre une milice kurde…

20 Minutes avec AFP

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Photo diffusée par l'armée turque montrant le chef des forces armées juste avant un briefing sur les opérations menées contre une milice kurde en Syrie.
Photo diffusée par l'armée turque montrant le chef des forces armées juste avant un briefing sur les opérations menées contre une milice kurde en Syrie. — HANDOUT / TURKISH ARMED FORCES / AFP
  • Depuis samedi, la Turquie a lancé une offensive contre les YPG
  • Après un pilonnage en règle, des soldats sont entrés en Syrie.
  • La France a demandé une réunion d’urgence à l’ONU

Elle vient de gravir les premières marches d’une dangereuse escalade. La Turquie a envoyé, dimanche, des soldats dans le nord de la Syrie, entamant une nouvelle phase dans son offensive contre une milice kurde, au risque d’aggraver le conflit qui ravage le pays depuis plusieurs années.

>> Les faits : La Turquie lance une opération militaire contre les kurdes

Cité par les médias turcs, le Premier ministre Binali Yildrim a indiqué des militaires turcs étaient entrés à 11h05 dans la région d’Afrine, contrôlée par les Unités de protection de peuple (YPG) et pilonnée, depuis samedi, par l’aviation et l’artillerie d’Ankara.

La France demande une réunion d’urgence à l’ONU

L’offensive turque risque de tendre davantage les rapports entre Ankara et Washington, qui a appelé dimanche la Turquie à « faire preuve de retenue ». Les Etats-Unis soutiennent en effet une coalition arabo-kurde, dont font partie les YPG, pour combattre les terroristes de Daesh.

Exhortant Ankara à mettre fin à son offensive, la France a demandé une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU devant l'escalade militaire en Syrie marquée par l’offensive turque, mais aussi les bombardements du régime syrien, notamment à Idleb (nord-ouest).

Déjà dix-huit tués dans les bombardements

Au deuxième jour de cette offensive, baptisée « Rameau d’olivier », l’armée turque a affirmé avoir détruit « 45 cibles », dont des abris et des caches d’armes. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, 18 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées dans les bombardements turcs depuis samedi. Ankara affirme n’avoir touché que des « terroristes » et accuse les YPG de « propagande ».

De leur côté, les autorités turques ont accusé les YPG d’être à l’origine de tirs de roquettes contre deux villes frontalières turques qui ont fait un mort et près de 40 blessés, un bilan invérifiable de façon indépendante dans l’immédiat.

La zone frontalière au cœur des débats

Dans une mise en garde inédite, le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé que quiconque manifesterait en Turquie contre l’offensive « paierait un prix très élevé ».

Les forces de l’ordre turques ont d’ailleurs empêché dimanche la tenue de deux rassemblements qui devaient avoir lieu dimanche, à Diyarbakir (sud-est) et à Istanbul.

L’offensive turque survient dans la foulée de l’annonce, par la coalition internationale anti-jihadistes emmenée par Washington, de la création d’une « force frontalière » composée notamment de guerriers kurdes, un projet qui a suscité la colère d’Ankara.

Selon Binali Yildirim, l’opération turque a pour but de créer une « zone de sécurité » d’une profondeur de 30 km à partir de la frontière.