Afghanistan: L'attaque dans un hôtel de luxe à Kaboul, revendiquée par Daesh, a fait au moins 6 morts

AFGHANISTAN Ce bilan est encore provisoire, après l'attaque qui a duré plus de douze heures...

B.D. avec AFP

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De la fumée noire s'échappe de l'hôtel Intercontinental de Kaboul attaqué, le 21 janvier 2018.
De la fumée noire s'échappe de l'hôtel Intercontinental de Kaboul attaqué, le 21 janvier 2018. — Rahmat Gul/AP/SIPA

Plus de douze heures après son déclenchement, l'attaque contre l'hôtel Intercontinental de Kaboul «est terminée», a annoncé dimanche matin le porte-parole du ministère afghan de l'Intérieur Najib Danish. Au moins six personnes, cinq Afghans et un étranger, dont la nationalité est encore inconnue, ont trouvé la mort dans l'attaque, selon un premier bilan certainement appelé à s'alourdir. Les quatre assaillants «ont été tués, 126 personnes ont été secourues dont 41 étrangers», a-t-il détaillé.

Les talibans ont revendiqué ce dimanche l'attaque perpétrée par un commando armé. «Hier soir, l'hôtel Intercontinental (...) a été attaqué. L'attaque a été menée par 5 de nos moudjahidines en quête de martyr», a déclaré leur porte-parole, Zabiullah Mujahid, dans un communiqué diffusé par email.

La terreur a régné toute la nuit

Il a précisé que des «opérations de nettoyage étaient toujours en cours au sixième étage» pour faire exploser les munitions restantes. Selon une source de sécurité, le dernier membre du commando s'était retranché «dans une grande chambre avec des otages, afghans et étrangers» qu'il menaçait de tuer. Avant d'être abattu. «On l'entend crier aux otages qu'il les tuera tous s'il ne peut pas s'en sortir», précisait cette source, illustrant ainsi la terreur qui a régné toute la nuit dans cet hôtel Intercontinental.

Alors qu'une fumée noire s'échappait du sixième et dernier étage peu après 8h locales (5h30, heure française) dimanche, des hommes tentaient de s'enfuir par le balcon au moyen de draps noués. L'un d'eux a lâché prise, en direct à la télévision.

Le commando s'était introduit dans l'hôtel samedi soir, déclenchant une explosion avant d'ouvrir le feu au hasard. Le commando s’est ouvert la voie, avant de tirer, à la grenade notamment, sur les gardes et les clients. L’électricité a été aussitôt coupée dans le quartier. Selon un journaliste de l’AFP présent non loin, les principaux axes menant à l’établissement, situé sur une colline de l’ouest de Kaboul, ont été fermés à la circulation. Un journaliste de la chaîne de télévision locale Tolo News qui se trouve sur les lieux a rapporté sur Twitter que les assaillants ont d’abord abattu les gardes de sécurité postés à l’entrée du complexe.

Série d’alertes concernant les lieux de rassemblement des étrangers

Cette opération, apparemment bien préparée, intervient après une série d’alertes particulièrement précises depuis 48 heures concernant la possibilité d’attaque contre des hôtels et lieux fréquentés par les étrangers à Kaboul. Les principaux axes menant à l’établissement ont été fermés à la circulation. Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Najib Danish, a indiqué qu’une « compagnie privée était chargée depuis deux semaines d’assurer la sécurité de l’hôtel ». « Nous enquêtons pour comprendre par où sont entrés les assaillants, ils ont pu utiliser les portes de l’arrière-cuisine », a-t-il estimé.

Un responsable du ministère des Télécommunications, Abdullah Sabet, a indiqué à l’AFP qu’une quarantaine de directeurs et responsables provinciaux du pays séjournaient samedi soir à l’hôtel, en vue d’une conférence prévue dimanche. « Nous ne savons pas s’ils ont été blessés ou tués », a-t-il confié. Une conférence sur la présence et l’investissement chinois en Afghanistan s’y est tenue ce samedi matin.

L’hôtel, cible d’une précédente attaque

L’établissement, l’un des deux cinq étoiles de la capitale, ouvert en septembre 1969, a été la cible d’une précédente attaque en juin 2011, revendiquée par les talibans, qui avait fait 21 morts. Un commando de neuf hommes avait alors fait irruption dans l’établissement. L’intervention des forces spéciales afghanes appuyées par les hélicoptères de l’Otan avaient mis fin à l’attentat. Tous les assaillants avaient été tués.

Depuis, l’hôtel était placé sous haute surveillance, avec accès réservés, vérification des voitures, et portiques de détections aux entrées. Mais il est encerclé par des jardins et de la verdure qui peuvent permettre de s’introduire discrètement. Et une journaliste de l’AFP a constaté ce samedi matin que la fouille au corps, à l’entrée même du bâtiment, pouvait être aisément contournée en sautant les barrières.

L’attaque intervient quelques jours après la visite d’une délégation du Conseil de sécurité des Nations unies à Kaboul qui s’est achevée lundi, et au lendemain d’une réunion de haut niveau du Conseil au siège de l’Onu à New York consacrée à l’Afghanistan. A Washington, le Département d’Etat a indiqué « suivre la situation avec les autorités locales pour déterminer si des ressortissants américains ont été affectés ».