Catalogne: Le parti nationaliste de Carles Puigdemont s'est financé illégalement

JUSTICE Le parti de Carles Puigdemont aurait perçu 6,6 millions d’euros de la part d’un groupe de BTP et services « en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics »…

20 Minutes avec agences

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Le parti nationaliste de Carles Puigdemont s'est financé illégalement selon la justice.
Le parti nationaliste de Carles Puigdemont s'est financé illégalement selon la justice. — JOHN THYS / AFP

Les déboires du parti nationaliste Convergence démocratique de Catalogne (CDC) ne sont pas terminés. Un tribunal de Barcelone a déterminé, dans une décision publiée ce lundi, que le parti des ex-présidents nationalistes de la Catalogne, Carles Puigdemont et Artur Mas, s’était financé illégalement.

D’après la justice, CDC aurait reçu au moins 6,6 millions d’euros du groupe espagnol de BTP et services Ferrovial, « en échange de l’attribution garantie d’un certain montant de travaux publics ». Une commission de 4 % avait été négociée sur le total des marchés publics obtenus.

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Le parti prenait 2,5 % et les dirigeants du Palais de la musique de Barcelone le reste. Les fonds transitaient, en effet, par cette prestigieuse institution culturelle dont les responsables ont déjà été condamnés à une peine de prison pour avoir détourné 23 millions d’euros entre 2000 et 2009.

Une décision qui tombe mal

Finalement, le parti qui s’appelle désormais le Parti démocrate européen catalan (PDeCAT) va devoir rembourser ces 6,6 millions d’euros. L’ancien trésorier, Daniel Osacar, a été condamné à quatre ans et demi de prison.

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Cette décision de justice tombe au mauvais moment pour le parti nationaliste. Et pour cause, cela intervient deux jours avant la constitution du nouveau parlement catalan, où les indépendantistes ont à nouveau obtenu la majorité absolue en sièges aux élections régionales anticipées du 21 décembre.

Mais le parti est en difficulté pour former un gouvernement car l’ex-président régional, Carles Puigdemont, se trouve actuellement en Belgique. Il ne peut pas revenir en Espagne où il est accusé de rébellion, sédition et détournement de fonds…