Accusé, le dalaï-lama menace de démissionner

Pauline Mouhanna - ©2008 20 minutes

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Le dalaï-lama met sa démission dans la balance. Hier, le chef spirituel tibétain, Prix Nobel de la paix en 1989, a assuré qu'il n'avait pas de prise sur les violences qui secouent le Tibet et certaines régions chinoises. Si la situation se dégrade, il a menacé de quitter sa charge. Un peu plus tôt, Pékin l'avait accusé lui et « sa clique » de « vouloir saboter les Jeux olympiques » en provoquant les manifestations de Lhassa, la capitale tibétaine, qui auraient fait depuis vendredi dernier treize morts selon les autorités chinoises, contre quatre-vingts d'après le gouvernement tibétain en exil.

Hier, le Premier ministre chinois, Wen Jiabao, a néanmoins reconnu l'ampleur du mouvement, en évoquant la propagation des manifestations à d'autres régions chinoises. Dans le Gansu (Nord-Ouest), dix-neuf manifestants auraient été tués par balles hier, selon le gouvernement tibétain. Pour Pékin, le dialogue ne pourra reprendre avec le dalaï-lama que si ce dernier renonce à « l'indépendance ». Or, pour le chef spirituel, âgé de 72 ans et en exil depuis 1959, la revendication de l'indépendance du Tibet est « hors de question ». Fermement opposé à toute forme de violence, il a appelé hier les Tibétains à ne pas « laisser se développer des sentiments antichinois ».

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L'interview d'un moine tibétain