Les dirigeants palestiniens se prononcent pour une suspension de la reconnaissance d'Israël

PROCHE-ORIENT La mesure remettrait en cause l'un des principes fondateurs de l'effort de paix déjà très mal en point avec les Israéliens...

M.C. avec AFP

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Une réunion de deux jours du Conseil central de l'OLP à Ramallah, en Cisjordanie, s'est conclue le 16 janvier 2018.
Une réunion de deux jours du Conseil central de l'OLP à Ramallah, en Cisjordanie, s'est conclue le 16 janvier 2018. — ABBAS MOMANI / AFP

Un organe clé de l'OLP a voté lundi en faveur de la suspension de la reconnaissance d'Israël, une mesure qui remettrait en cause l'un des principes fondateurs de l'effort de paix au Proche-Orient, déjà très mal en point avec les Israéliens.

Cet appel a été lancé au terme d'une réunion de deux jours à Ramallah en Cisjordanie du Conseil central de l'OLP, l'un des organes de cette organisation internationalement reconnue comme la représentante de tous les Palestiniens.

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La réunion, en présence du président palestinien Mahmoud Abbas, avait été convoquée à titre extraordinaire pour répondre à la décision annoncée le 6 décembre par le président américain Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme la capitale d'Israël, un coup porté selon les Palestiniens à leur cause.

«Il n'y a plus d'Oslo» par la faute d'Israël

En ouvrant la réunion dimanche, Mahmoud Abbas - qui a voté pour la résolution - avait qualifié de «gifle du siècle» les efforts de paix annoncé par Donald Trump. Lors du vote, le conseil central de l'OLP a «chargé le Comité exécutif de l'OLP suspendre la reconnaissance d'Israël jusqu'à ce que ce dernier reconnaisse l'Etat de Palestine dans ses frontières de 1967, annule l'annexion de Jérusalem-Est et cesse ses activités de colonisation», selon un communiqué. Ce vote a recueilli 74 voix pour, 2 contre et 12 abstentions.

Le Comité exécutif, dirigé par Mahmoud Abbas, est la seule instance habilitée à prendre les décisions engageant les Palestiniens dans le cadre du processus de paix avec Israël. En 2015, un vote du conseil central de l'OLP en faveur de la suspension de la coordination sécuritaire avec Israël n'avait pas été suivi d'effet.

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Avant le vote de lundi soir, un discours courroucé de M. Abbas avait donné dimanche le ton de la réunion. Les Etats-Unis sous Donald Trump se sont discrédités dans le rôle de médiateurs, les Palestiniens rejettent le plan que Washington est censé présenter à une échéance encore indéfinie et toutes les options sont sur la table, avait énuméré Mahmoud Abbas.

«Il n'y a plus d'Oslo», par la faute d'Israël, avait-il martelé en évoquant le processus engagé en 1993 et censé conduire à une paix négociée entre Palestiniens et Israéliens. Ces accords généralement considérés comme préfigurant la création d'un Etat palestinien sont restés une des références de l'effort de paix.