Propos de Trump sur les «pays de merde»: Un démocrate confirme, indignation en Afrique et en Haïti

ETATS-UNIS Le président américain a démenti vendredi matin avoir utilisé cette expression mais un démocrate présent l'a contredit...

P.B. avec AFP
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Donald Trump à la Maison Blanche, le 12 janvier 2018.
Donald Trump à la Maison Blanche, le 12 janvier 2018. — Ron Sachs/NEWSCOM/SIPA

« Pourquoi voulons-nous que toutes ces personnes originaires de pays de merde viennent ici ? » Selon de nombreux médias américains, Donald Trump a posé cette question à des sénateurs, jeudi, à propos d’immigrés venus d’Haïti, du Salvador et de plusieurs pays d’Afrique. Face à une indignation quasi-générale, le président américain a démenti sur Twitter avoir employé ces mots. Mais le sénateur démocrate Dick Durbin, présent lors de la rencontre, a confirmé avoir entendu « ces expressions viles et racistes ».

Trump nie, les républicains ont perdu la mémoire

Sur Twitter, le président américain a reconnu avoir utilisé « des mots durs » mais pas l’expression « shithole countries ». « Je n’ai jamais rien dit de dérogatoire à propos d’Haïti si ce n’est que c’est clairement un pays très pauvre et troublé », assure Donald Trump.

Les républicains Tom Cotton et David Perdue, présent à la réunion, ont indiqué qu’ils ne « se souvenaient pas » avoir entendu le président prononcer cette expression.

Un démocrate et un républicain confirment

« J’étais là, le président a bien prononcé ces expressions viles et racistes », a de son côté attaqué le sénateur démocrate Dick Durbin. « Vous avez vu ces propos dans la presse. Je n’en ai pas lu un qui soit inexact », a-t-il insisté, accusant le président de mentir sur Twitter.



Le sénateur républicain modéré Lindsey Graham, également présent, indique qu’après les commentaires du président, il « lui a dit directement » ce qu’il en pensait. Son collègue Tim Scott affirme que Graham lui a confirmé que les propos rapportés dans la presse étaient « essentiellement exacts ». Les républicains John McCain et Paul Ryan ont fermement condamné ce dérapage verbal.

Indignation en Afrique et en Haïti

L’Union africaine (UA) a qualifié ces remarques de « blessantes » et « dérangeantes ». « C’est d’autant plus blessant compte tenu de la réalité historique du nombre d’Africains qui sont arrivés aux Etats-Unis comme esclaves », a déclaré à l’AFP Ebba Kalondo, porte-parole du président de la Commission de l’UA Moussa Faki.

L’Afrique « n’est pas un endroit de merde », a tweeté l’ancien champion du monde d’athlétisme Bernard Lagat, coureur de demi-fond naturalisé américain en 2004. « Je suis le fils d’un continent étincelant qui s’appelle l’Afrique, et j’en suis fier. Mon héritage est profondément ancré dans mes racines kényanes ».

Le gouvernement haïtien, lui, a dénoncé des propos « odieux et abjects » qui, s’ils étaient avérés, seraient à tous égards « inacceptables car ils refléteraient une vision simpliste et raciste ». « Le Salvador demande le respect pour son peuple noble et courageux », a déclaré le président Salvador Sanchez Ceren lors d’un événement en public.