Tunisie: De nouveaux heurts et des centaines d'arrestations

MANIFESTATIONS Plus de 600 personnes ont été arrêtées depuis lundi, selon le bilan diffusé ce jeudi par le ministère de l’Intérieur tunisien.

20 Minutes avec AFP

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Un véhicule de la police tunisienne endommagée lors des manifestations le 11 janvier 2018.
Un véhicule de la police tunisienne endommagée lors des manifestations le 11 janvier 2018. — FETHI BELAID / AFP

Des heurts ont eu lieu pour une troisième nuit consécutive entre forces de l’ordre et jeunes dans plusieurs villes de Tunisie, où plus de 600 personnes ont été arrêtées depuis ce lundi, a indiqué ce jeudi le ministère de l’Intérieur.

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Les autorités ont toutefois jugé que l’intensité des violences, alimentées par la grogne sociale qui perdure depuis des années, avait diminué.

Manifester contre la hausse des prix

Pour rappel, les troubles ont éclaté ce lundi alors que s’approche le septième anniversaire de la révolution tunisienne, qui réclamait travail et dignité et a entraîné la chute du dictateur Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

Le mois de janvier est traditionnellement une période de mobilisation sociale en Tunisie, où le contexte est particulièrement tendu cette année en raison de hausses de prix, et des élections municipales, les premières de l’après-révolution prévues en mai.

La mobilisation continue

Depuis ce lundi, les troubles se déroulent essentiellement le soir et la nuit. Quelques manifestations pacifiques ont par ailleurs lieu de jour. Jeudi midi, plusieurs dizaines de chômeurs se sont rassemblés dans le centre de Sidi Bouzid, ville pauvre du centre du pays d’où était parti le soulèvement de fin 2010.

Le mouvement de contestation contre la hausse des prix a été lancé en début d’année par la campagne « Fech Nestannew » (« Qu’est-ce qu’on attend »). Ses militants ont appelé à un nouveau rassemblement ce jeudi en fin d’après-midi à Tunis pour réclamer la libération des manifestants pacifiques. Il a aussi appelé à une mobilisation vendredi.