Rohingyas: L'armée birmane confirme pour la première fois l'existence d'un charnier

AVEU Les forces birmanes avouent avoir abattu dix personnes…

20 Minutes avec AFP

— 

Des réfugiés rohingyas dans le camp de Balukhali, au Bangladesh, le 15 octobre 2017.
Des réfugiés rohingyas dans le camp de Balukhali, au Bangladesh, le 15 octobre 2017. — INDRANIL MUKHERJEE / AFP

C’est une première. L’armée birmane a admis ce mercredi son implication dans le massacre de dix Rohingyas, reconnaissant également pour la première fois l’existence d’un charnier de membres de cette minorité musulmane dans l’Etat Rakhine (nord).

>> A lire aussi : VIDEO. Bangladesh: Omar Sy, Jérôme Jarre et la «Love Army» lancent un appel pour venir en aide aux Rohingyas

« Des habitants du village d’Inn Din et des membres des forces de sécurité ont reconnu avoir tué dix terroristes bengalis », a expliqué le bureau du chef de l’armée dans un post sur Facebook, rappelant des faits survenus le 2 septembre dans l’Etat Rakhine.

L’ONU évoque une opération de nettoyage ethnique

Le message utilise un terme péjoratif pour désigner les Rohingyas, victimes d’une campagne de répression telle de la part de l’armée birmane que l’ONU a évoqué une opération de nettoyage ethnique. Le post confirme également pour la première fois l’existence d’un charnier de victimes rohingyas dans cette région où l’armée avait lancé une campagne de répression contre la minorité musulmane.

>> A lire aussi : VIDEO. Birmanie: Des ONG accusent le pouvoir de génocide et de viols contre les Rohingyas

Dans son compte rendu, l’armée précise que les forces de sécurité ont fait prisonniers dix Rohingyas et les ont tués alors que des violences faisaient rage à Inn Din et dans ses environs.

Abattus dans un cimetière

« La décision a été prise de les tuer dans un cimetière », poursuit le message. Les violences dans l’Etat Rakhine ont débuté fin août par des attaques de postes de police par la rébellion rohingya de l’Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (ARSA), qui dénonce les mauvais traitements subis par cette minorité musulmane.

>> A lire aussi : Birmanie: Malala Yousafzai dénonce le silence d'Aung San Suu Kyi sur les Rohingyas

L’opération militaire lancée ensuite par l’armée a poussé environ 655.000 Rohingyas à fuir au Bangladesh voisin depuis le mois d’août. L’ONU a évoqué des éléments de « génocide ».