Pakistan: Plus de 50.000 enfants meurent chaque année à cause de l’eau polluée

POLLUTION Le coût de cette pollution est estimé à 5,7 milliards de dollars...

20 Minutes avec agences

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Une jeune Pakistanaise boit de l'eau potable pendant une opération humanitaire en 2007.
Une jeune Pakistanaise boit de l'eau potable pendant une opération humanitaire en 2007. — Technical Sergeant Mike Buytas of the United States Air Force/Wikimedia Commons

Entre 30 et 40 % des maladies et des décès au Pakistan sont liés à la mauvaise qualité de l’eau, selon l’ONU et les autorités pakistanaises. « C’est le problème numéro 1 en termes de santé publique », affirme le professeur Javed Akram, doyen de la faculté de médecine d’Islamabad.

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Chaque année, 53.000 enfants pakistanais meurent de diarrhée après avoir consommé de l’eau non potable, relève l’Unicef. Typhoïde, choléra, dysenterie et hépatite sont fréquents. En 2012, la Banque mondiale estimait le coût de cette pollution à 5,7 milliards de dollars par an, soit près de 4 % du PIB du Pakistan.

Une eau contaminée et rare

À Lahore, qui abrite 11 millions d’habitants, la rivière Ravi est utilisée comme déversoir par des centaines d’usines en amont. « Plusieurs études ont montré la présence de métaux lourds dans les arêtes des poissons », observe Sohail Ali Naqvi, responsable du programme « eau » pour l’organisation  WWF. Des poissons qui sont ensuite consommés par les populations locales.

Outre sa pollution, l’eau se fait aussi rare au Pakistan. Selon des projections officielles, le pays de 207 millions d’habitants sera d’ici 2025 en situation de « pénurie absolue » avec moins de 500 m3 par habitant (trois fois moins qu’en Somalie).

Un manque criant d’infrastructures d’assainissement

Le manque d’infrastructure est aussi un problème dans ce pays où « l’environnement ne fait pas partie de l’agenda politique ». Il n’y a « presque pas d’usines de traitement des eaux usées », peste Imran Khalid, chercheur à l’Institut politique sur le développement durable (SDPI).

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La justice a obligé mi-décembre la province du Sindh, dont Karachi est la capitale, à lui présenter d’ici janvier un plan permettant à « tous les habitants » de boire de l’eau propre, au terme d’un procès sur fond d’incompétence et de corruption.