Une délégation de la Corée du Sud a rencontré des représentants de la Corée du Nord le 9 janvier 2018.
Une délégation de la Corée du Sud a rencontré des représentants de la Corée du Nord le 9 janvier 2018. — Yonhap News/NEWSCOM/SIPA

DETENTE

Corée du Sud: Le président évoque l'idée d'un sommet avec la Corée du Nord

Des représentants des deux camps se sont rencontrés, ce mardi, pour la première fois depuis décembre 2015...

On ne peut pas encore parler de détente entre les deux Corée, mais les relations semblent toutefois sur la voie de l’apaisement. Le président sud-coréen Moon Jae-in s’est montré ouvert ce mercredi à l’idée d’un sommet avec le Nord, au lendemain de discussions rares entre les deux camps.

Après deux années de montée des tensions sur la péninsule, en raison de l’accélération des programmes nucléaire et balistique de Pyongyang, la situation s’est brusquement apaisée depuis le Nouvel An.

« Ce n’est que le début »

Des représentants des deux camps se sont rencontrés mardi pour la première fois depuis décembre 2015 lors d’une réunion au cours de laquelle la Corée du Nord [qui avait boycotté en 1988 les jeux de Séoul] a accepté d’envoyer au Sud en février une délégation pour les JO d’hiver de Pyeongchang (9 au 25 février).

>> A lire aussi : Qui est ce couple de patineurs nord-coréens qui va nous permettre d’éviter l’holocauste nucléaire ?

Et le président sud-coréen Moon, qui avait été élu en mai en prônant un dialogue, a de nouveau défendu l’option diplomatique pour régler l’un des dossiers les plus épineux du globe. « Ce n’est que le début », a déclaré ce mercredi lors d’une conférence de presse le président. « Amener la Corée du Nord à des discussions sur la dénucléarisation sera la prochaine étape. »

Deux Etats encore en guerre

Le chef de l’Etat s’est dit prêt « n’importe quand » à un sommet avec la Corée du Nord, mais « dans les bonnes conditions » Le Nord et le Sud sont aujourd’hui encore toujours techniquement en guerre, le conflit fratricide de 1950-1953 ayant été stoppé par un armistice, non par un accord de paix. Seuls deux sommets ont depuis lors eu lieu entre leurs plus hauts dirigeants, en 2000 et en 2007.

Les Etats-Unis demandent de leur côté comme condition à leur participation à des discussions que Pyongyang cesse les essais nucléaires. La Corée du Nord en a réalisé trois en deux ans.

La dénucléarisation de la péninsule est « la voie vers la paix »

« Nous n’avons aucune différence d’opinions avec les Etats-Unis », a assuré Moon Jae-In, qui a cependant rappelé que les sanctions avaient pour but de pousser le Nord à la négociation.

« Des sanctions et des pressions plus fortes pourraient aggraver encore les tensions et provoquer des conflits armés accidentels », a-t-il averti. « Mais heureusement, la Corée du Nord est venue dialoguer avant que les tensions ne s’aggravent encore. »

>> A lire aussi : La Corée du Nord aux JO 2018 ? «Un grand pas dans l'esprit olympique», se réjouit Thomas Bach

Il a précisé que Séoul n’envisageait pas pour l’instant d’assouplir ses mesures unilatérales contre le Nord.

Le président sud-coréen a dans le même temps réaffirmé que la dénucléarisation de la péninsule était « la voie vers la paix et notre objectif », alors que Pyongyang affirme être désormais en mesure de menacer l’ensemble du territoire continental américain avec ses armes nucléaires.