Les délégations de Séoul et de Pyongyang se sont rencontrées le 9 janvier 2017, une première en deux ans. Les discussions se sont tenues à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule.
Les délégations de Séoul et de Pyongyang se sont rencontrées le 9 janvier 2017, une première en deux ans. Les discussions se sont tenues à Panmunjom, village frontalier où fut signé le cessez-le-feu, dans la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule. — KOREA POOL / AFP

DIPLOMATIE

La Corée du Nord propose de participer aux Jeux olympiques en Corée du Sud

Les voisins coréens s'étaient donnés rendez-vous lors d'un exceptionnel face à face après les tensions provoquées par les ambitions nucléaires de Pyongyang...

Un face à face exceptionnel entre les deux voisins coréens a eu lieu ce mardi dans le village frontalier de Panmunjom, en dépit des tensions provoquées par les ambitions nucléaires de Pyongyang. A l'issue de cette rencontre, la Corée du Nord a proposé d'envoyer des athlètes et une délégation de haut rang aux prochains Jeux olympiques en Corée du Sud.

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De son côté, Séoul a profité de cette première rencontre en plus de deux ans pour demander que soit organisée parallèlement aux jeux d'hiver une réunion des familles séparées par la guerre (1950-53), l'un des héritages les plus douloureux du conflit.

Une délégation nord-coréenne de haut niveau envoyé au Sud

La délégation nord-coréenne a traversé à pied la ligne de démarcation militaire pour se rendre à la Maison de la paix, le lieu des entretiens côté sud-coréen, à quelques mètres de l'endroit où un transfuge a fait défection voici deux mois sous une pluie de balles. Le ministre sud-coréen de l'Unification Cho Myoung-Gyon, chef de la délégation sud-coréenne, et le responsable de la délégation nord-coréenne Ri Son-Gwon se sont serré la main avant d'entrer dans le bâtiment.

Conformément aux usages nord-coréens, Ri Son-Gwon arborait un badge orné du portrait du père fondateur de la Corée du Nord, Kim Il-Sung, et de celui de son fils et successeur Kim Jong-Il. Cho Myoung-Gyon, lui, portait un badge aux couleurs sud-coréennes.

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En même temps que ses sportifs, le Nord a proposé d'envoyer aux JO de Pyeongchang, qui se tiennent du 9 au 25 février, une délégation de haut niveau, des supporteurs, des artistes et une équipe de démonstration de taekwondo, a expliqué à la presse le ministre adjoint sud-coréen à l'Unification Chun Hae-Sung.

«Offrons au peuple un cadeau précieux pour le Nouvel an»

Séoul a appelé à la reprise des réunions des familles, de même qu'à des pourparlers entre Croix-Rouge des deux pays, et des discussions militaires destinées à éviter les «heurts accidentels». Pyongyang a jusqu'à présent renvoyé Séoul dans ses cordes s'agissant des familles, réclamant au préalable le rapatriement par le Sud de Nord-Coréens.

«Offrons au peuple un cadeau précieux pour le Nouvel an», a lancé le Nord-Coréen. «On dit qu'un voyage entrepris à deux dure plus longtemps qu'un voyage solitaire». L'atmosphère semblait plus détendue qu'à l'ordinaire. «Le peuple souhaite ardemment voir le Nord et le Sud aller vers la paix et la réconciliation», a répondu le Sud-Coréen.

Des relations dégradées depuis deux ans

Un ton qui tranche singulièrement avec la rhétorique en usage ces derniers temps, avec les insultes personnelles et les menaces de guerre échangées par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un et le président Donald Trump.

Depuis deux ans, la situation sur la péninsule s'est dégradée, le Nord menant trois nouveaux essais nucléaires et multipliant les tirs de missile.

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Séoul s'efforce de présenter les JO qui auront lieu à tout juste 80 kilomètres de la DMZ comme les «Olympiades de la paix», mais pour que l'expression prenne son sens, la participation du Nord est essentielle.

La main tendue le jour du Nouvel An par Kim Jong-Il

Les pourparlers font suite à la main tendue le jour du Nouvel An par Kim Jong-Il, qui avait évoqué une participation aux JO. La semaine dernière, le téléphone rouge entre les deux voisins a été rétabli après près de deux ans de silence.

Reste encore à déterminer si les représentants des deux pays feront une entrée commune lors des cérémonies d'ouverture et de clôture, comme à Sydney en 2000, à Athènes en 2004 et lors des jeux d'hiver de Turin en 2006. La taille de la délégation nord-coréenne, de même que son hébergement, qui devrait être financé par Séoul, doivent aussi être établis.