Sénégal: L'armée se lance à la poursuite des assassins de 13 jeunes abattus en Casamance

INDEPENDANTISME Le conflit pour l’indépendance de la Casamance dure depuis 1982…

20 Minutes avec agences

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Soldats de l'armée sénégalaise (illustration).
Soldats de l'armée sénégalaise (illustration). — Georges Gobet afp.com

Treize hommes ont été abattus le 7 janvier dans une forêt de Casamance, une région au sud du Sénégal où une rébellion indépendantiste fait rage depuis trente-cinq ans. Le gouvernement sénégalais a promis dimanche de ne ménager aucun effort pour arrêter les responsables du massacre.

« Une traque rude et sans répit sera menée pour retrouver les auteurs de cet acte ignoble. Nous irons jusqu’au bout de l’enquête pour traquer et identifier les auteurs », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Aly Ngouille Ndiaye, qui s’est rendu au chevet de la demi-douzaine de blessés.

Abattus froidement

L’attaque s’est produite samedi dans la forêt de Borofaye, dans la commune de Boutoupa-Camaracounda. Un groupe de jeunes était parti chercher du bois mort et a été surpris par une bande d’hommes armés. Ces derniers les ont tous réunis avant de les abattre froidement. « Ils nous ont fait coucher à plat ventre et ont commencé à tirer », a raconté l’un des rescapés.

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Depuis samedi, une compagnie de 150 parachutistes de l’armée sénégalaise fouille la région, selon un porte-parole militaire. « L’armée procède à un ratissage en profondeur. On entend des coups de feu », a témoigné un habitant d’un village proche du lieu de la tuerie.

Reprise des violences

Ce massacre met à l’épreuve le processus de paix en Casamance, relancé en octobre lors d’une réunion à Rome entre le gouvernement et une faction du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC). Le conflit entre les autorités et les rebelles indépendantistes dure depuis décembre 1982. Il a fait des milliers de victimes civiles et militaires, ravagé l’économie de la région et poussé de nombreux habitants à fuir.

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La tuerie « n’aura pas une incidence négative sur le processus de paix qui est enclenché », a estimé Guedj Diouf, gouverneur de Ziguinchor. Les tractations de paix se sont multipliées depuis l’arrivée au pouvoir du président Macky Sall en 2012, la région connaissait d’ailleurs une accalmie depuis des années.

Dans ses vœux de fin d’année, le chef de l’Etat sénégalais avait lancé un appel aux rebelles pour la poursuite des pourparlers en vue d'« une paix définitive ».