Turquie: Emmanuel Macron rencontre Recep Tayyip Erdogan pour «maintenir le dialogue»

DIPLOMATIE Le président français reçoit son homologue turc aujourd'hui à Paris et ce, malgré les purges en Turquie...

20 Minutes avec AFP
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LEs présidents français et turc Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan
LEs présidents français et turc Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan — AP/SIPA

Syrie, Europe et droits de l’Homme en Turquie sont au programme de la rencontre qui aura lieu ce vendredi à Paris entre le président turc Recep Tayyip Erdogan et son homologue Emmanuel Macron.

Cette visite est la plus importante du chef de l’Etat turc dans un pays de l'Union européenne (UE) depuis le putsch manqué de juillet 2016 et la répression qui a suivi. Les deux chefs d’Etat s’entretiendront en tête-à-tête avant un déjeuner à l’issue duquel ils s’exprimeront devant la presse.

Une visite controversée

Cette visite fait grincer des dents à gauche en France. Elle a été condamnée par le parti d’extrême gauche France insoumise et le Parti communiste français tandis que la Ville de Paris, dirigée par la socialiste Anne Hidalgo, s’est dite « préoccupée » par le « respect des droits humains et de la démocratie locale en Turquie ».

L’Elysée la justifie cette rencontre par le souci d’Emmanuel Macron de « maintenir le fil du dialogue » sans « cacher les divergences », comme il le fait avec les autres dirigeants.

Anakara reste un « partenaire essentiel »

Plus de 140.000 personnes ont été limogées ou suspendues et plus de 55.000 ont été arrêtées, dont des universitaires, des journalistes et des militants pro-kurdes. Amnesty International a exhorté Emmanuel Macron à rappeler « fermement » à Recep Tayyip Erdogan que « les défenseurs des droits humains n’étaient pas des terroristes ». Des syndicats et organisations de journalistes, dont RSF, lui ont demandé de « dénoncer avec fermeté l’injustice qui frappe les journalistes turcs ».

L’ampleur des purges menées par Ankara a quasiment ramené à l’arrêt les négociations au long cours sur la candidature d’adhésion de la Turquie à l’UE. La chancelière allemande Angela Merkel a même annoncé début septembre être favorable à un arrêt de ces négociations. Mais Emmanuel Macron a ensuite appelé à « éviter les ruptures » entre l’UE et la Turquie, la qualifiant de « partenaire essentiel ».

Coopération sur le dossier syrien

La Syrie figure également sur la liste des dossiers que vont aborder les deux présidents, Ankara comme Paris cherchant à peser dans les négociations engagées pour mettre fin à ce conflit qui a fait plus de 340.000 morts depuis mars 2011.

Soucieux de « pragmatisme », le président français compte renforcer la coopération avec Ankara notamment sur deux dossiers liés à la crise syrienne : le « terrorisme » djihadiste et la crise migratoire.

Accroissement des échanges économiques

Les deux dirigeants devraient également discuter des troubles en Iran, de la question de Jérusalem après la décision du président américain Donald Trump de la reconnaître comme capitale d’Israël, ainsi que du climat, la Turquie n’ayant pas ratifié l’accord de Paris, selon l’Elysée.

Sur le plan bilatéral, Paris comme Ankara souhaitent accroître leurs échanges économiques qui s’élevaient, en 2016, à 13,38 milliards de dollars, selon Ankara. La France veut avancer sur le projet de la construction, par Areva avec le Japonais Mitsubishi, d’une centrale nucléaire à Sinop, sur les bords de la mer Noire.