Contestation en Iran: L'accès aux réseaux sociaux de nouveau restreint sur les téléphones portables

CRISE Depuis trois jours, des manifestations anti-gouvernementales ont lieu à travers le pays...

D.B. avec AFP

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Le 30 décembre 2017, une manifestation à l'université de Téhéran. AP Photo.
Le 30 décembre 2017, une manifestation à l'université de Téhéran. AP Photo. — AP/SIPA

Les tensions augmentent d’heure en heure en Iran. L’accès aux réseaux sociaux Telegram et Instagram sur les téléphones portables a été de nouveau restreint dimanche après-midi, après trois jours de manifestations anti-gouvernementales à travers le pays, ont rapporté plusieurs agences de presse iraniennes.

Les autorités accusent des groupes « contre-révolutionnaires » basés à l’étranger d’utiliser les réseaux sociaux, en particulier Telegram, pour appeler les gens à manifester et faire usage de cocktails Molotov et d’armes à feu.«Hier soir, certains éléments contre-révolutionnaires ont utilisé les réseaux sociaux pour apprendre aux gens l'utilisation d'armes à feu et de cocktails Molotov», a déclaré à la télévision d'Etat, le ministre des Télécommunications, Mohammad Javad Azari.

Les réseaux sociaux accusés d'attiser le feu

Il a prévenu que «des mesures seraient prises par le Conseil suprême de la sécurité nationale, si la contre-révolution cherche à utiliser les réseaux sociaux pour provoquer des troubles». Le ministre avait accusé samedi un canal du réseau crypté Telegram d'encourager le «soulèvement armé».

Le patron de la messagerie cryptée, Pavel Durov, avait par la suite annoncé la fermeture sur Telegram de la chaîne Amadnews --près de 1,4 million d'abonnés--, pour avoir incité à la «violence». Mais immédiatement, d'autres canaux sont apparus sur Telegram, notamment sedaimardom qui a atteint plus de 700.000 abonnés en quelques heures, appelant les gens à manifester et diffusant des vidéos de rassemblements.

Des manifestations depuis jeudi

L'Iran a averti dimanche que les protestataires allaient « payer le prix », après une troisième nuit de manifestations contre le pouvoir à travers le pays durant lesquelles deux personnes ont été tuées, des dizaines arrêtées et des bâtiments publics attaqués.

Des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré des milliers de personnes défilant dans les villes à travers l’Iran dans la nuit. Les médias officiels ont commencé eux aussi à diffuser des vidéos de manifestations, en présentant comme des « contre-révolutionnaires » ceux qui brûlent des drapeaux iraniens ou attaquent des biens publics.

Il s’agit des plus importantes manifestations depuis le mouvement de contestation contre la réélection de l’ex-président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009, qui avait été violemment réprimé.

Elles ont éclaté jeudi à Machhad, la deuxième ville du pays avant de prendre de l’ampleur et de toucher plusieurs autres villes, où les Iraniens sont descendus dans la rue pour protester contre les difficultés économiques du pays, isolé et soumis pendant des années à des sanctions internationales pour ses activités nucléaires sensibles.

Contrer la diffusion d'informations

Les autorités iraniennes, avaient déjà coupé pendant quelques heures l'internet sur les réseaux de téléphonie mobile, car elles affirment que la majorité des informations sur les réseaux sociaux viennent de l'Arabie saoudite, rivale régionale de l'Iran, ou des groupes d'opposition basés en Europe.

Des médias officiels ont accusé «des groupes contre-révolutionnaires» à l'étranger d'exploiter les rassemblements.