La Colombie envoie 50 tonnes de jambon au Venezuela pour mettre fin à une affaire d'Etat

VENEZUELA La pénurie de jambon de porc, plat traditionnel de fin d’année, était vécue comme une petite tragédie par les Vénézuéliens…

N.Sa avec AFP

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Des Vénézuéliens protestaient à Caracas le 28 décembre 2017 contre la pénurie de nourriture, dont le jambon à l'os, mangé traditionnellement pendant les fêtes de fin d'année.
Des Vénézuéliens protestaient à Caracas le 28 décembre 2017 contre la pénurie de nourriture, dont le jambon à l'os, mangé traditionnellement pendant les fêtes de fin d'année. — FEDERICO PARRA / AFP

Les Vénézuéliens, déjà confrontés à diverses pénuries, n’auraient pas supporté d’être privés de « pernil de cerdo », ce 31 décembre, un jambon de porc prisée pour les fêtes de fin d’année.

Des manifestations pour réclamer le jambon promis

Deux premiers camions en provenance de Colombie et transportant environ 50 tonnes de jambon sont arrivés vendredi soir au Venezuela, a indiqué samedi à l’AFP une source à Direction des douanes colombiennes. « Il y a d’autres camions prêts (à partir) mais ils n’ont pas fini les formalités », a-t-on ajouté.

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Cette pénurie de jambon à l’os a été vécue comme une petite tragédie. Elle a provoqué ces derniers jours des manifestations au Venezuela, où les habitants espéraient que cette denrée serait disponible et vendue à des prix subventionnés pour la fin de l’année, comme l’avait promis le président socialiste Nicolas Maduro.

Le président Maduro accuse Washington et le Portugal

Le président Maduro a reconnu des accrocs dans la distribution des fameux jambons mais il a mis cela sur le compte d’un boycott international lié selon lui aux sévères sanctions financières infligées par Washington et à un « sabotage » du Portugal, d’où est importée cette viande.
« Où est passé le jambon ? On nous a saboté. C’est la faute d’un pays : le Portugal (…) On a acheté tout le jambon disponible au Venezuela, absolument tout, et on devait en importer (…), mais on nous a bloqué nos comptes bancaires et deux bateaux qui se dirigeaient » vers le Venezuela, a déclaré dans les médias le dirigeant à propos de cette affaire d’Etat.

Lisbonne a réfuté ces accusations. « Le gouvernement portugais n’a certainement pas le pouvoir de saboter le jambon de porc », a rétorqué le ministre des Affaires étrangères, Augusto Santos Silva. « Nous vivons dans une économie de marché et les exportations sont du ressort des entreprises. Il n’y a évidemment pas eu d’interférence politique », a-t-il souligné.
Plongés dans une profonde crise politique et économique, les Vénézuéliens subissent de sévères pénuries d’aliments de base et de médicaments, alors que le FMI prévoit une inflation de 2.300 % en 2018.