Japon: Un proche du Premier ministre Shinzo Abe accusé de viol par une journaliste

JUSTICE Une journaliste japonaise de 28 ans accuse un proche du Premier ministre Shinzo Abe de l'avoir violée en 2015... 

H. B.

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Shiori Ito, journaliste japonaise de 28 ans.
Shiori Ito, journaliste japonaise de 28 ans. — Capture d'écran Youtube

Elle réclame justice. Shiori Ito, journaliste japonaise de 28 ans, accuse un proche du pouvoir au Japon de l’avoir droguée puis violée en 2015. Son agresseur présumé, un ami du Premier ministre Shinzo Abe, n’a jamais été inquiété par les autorités judiciaires, explique-t-elle.

Aujourd’hui, la jeune femme réclame que son agresseur soit jugé. « Je suis journaliste : mon cas personnel n’est rien, mais il peut changer la société », explique la jeune femme dans Le Figaro.

« Je pense qu’il m’a droguée »

Tout commence le vendredi 3 avril 2015. Shiori Ito, stagiaire à l’agence Reuters à Tokyo, dîne dans un restaurant de la ville avec Noriyuki Yamaguchi, un journaliste très connu, également biographe du Premier ministre Shinzo Abe. « Il m’avait contactée par e-mail, dans le cadre de formalités administratives concernant un stage que je souhaitais réaliser dans sa rédaction », a expliqué la jeune femme le 24 octobre dernier, lors d’une conférence de presse.

Lors du dîner, la journaliste boit un peu de bière​ et du saké. « Au bout d’une heure, j’avais la tête qui tournait, et je me suis rendue dans les toilettes. Je me rappelle avoir posé ma tête sur le lavabo. Puis, plus rien », raconte-t-elle. 

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La jeune femme se réveille le lendemain vers 5 heures du matin dans une chambre d’hôtel. Noriyuki Yamaguchi est allongé sur elle, nu, et il est en train de la violer. Shiori Ito affirme l’avoir repoussé et s’être réfugiée dans la salle de bains. « Je n’ai pas de souvenirs, je ne sais pas comment je suis arrivée dans cet hôtel… Je pense qu’il m’a droguée », a raconté la journaliste.

Mobiliser l’opinion sur la question des agressions sexuelles

Quelques jours plus tard, Shiori Ito se rend au commissariat : « Les policiers ne voulaient même pas me laisser porter plainte. Ils m’ont expliqué que ce genre de choses arrivait souvent et qu’il était difficile de mener une enquête. Que j’allais briser ma carrière de journaliste et que ma vie serait détruite ».

« J’ai alors pris conscience de l’incapacité du système légal et social japonais à prendre en charge les victimes de violences sexuelles », explique-t-elle. En s’exprimant publiquement sur cette affaire, elle espère aujourd’hui mobiliser l’opinion sur la question des agressions sexuelles au Japon.