VIDEO. Pérou: Après avoir été gracié, l'ex-président Fujimori demande «pardon» aux Péruviens

MEA CULPA Malade, il avait été condamné à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité…

20 Minutes avec AFP

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Un supporter de l'ancien président péruvien Alberto Fujimori demande qu'une grâce lui soit accordée. (image d'illustration)
Un supporter de l'ancien président péruvien Alberto Fujimori demande qu'une grâce lui soit accordée. (image d'illustration) — Martin Mejia

L’ex-président péruvien Alberto Fujimori a demandé « pardon » ce mardi depuis son lit d’hôpital pour les actes commis par son gouvernement (1990-2000), après la grâce controversée que lui a accordée le chef de l’Etat actuel, Pedro Pablo Kuczynski.

« Je reconnais que j’ai (…) déçu une partie de mes compatriotes. Je leur demande pardon du fond du cœur », a déclaré Fujimori, 79 ans, dans une vidéo publiée sur Facebook.

Kuczynski a accordé une grâce en contradiction avec ses promesses de campagne

Condamné à 25 ans de prison pour corruption et crimes contre l’humanité, l’ancien homme fort du Pérou est filmé sur son lit d’hôpital. Il s’exprime lentement et est entouré d’appareils médicaux. Dimanche, Pedro Pablo Kuczynski lui avait accordé une grâce « humanitaire », alors qu’il s’était engagé durant sa campagne électorale de 2016 à ne pas le libérer.

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Cette décision controversée a provoqué une crise politique car Kuczynski avait, ce jeudi, évité une destitution par le Parlement pour corruption, après avoir reçu le soutien d’une partie du mouvement politique fondé par Fujimori, qui fait pourtant partie de l’opposition.

« La justice, ce n’est pas la vengeance »

La population péruvienne est traumatisée par les abus commis dans les années 90 par le gouvernement de Fujimori. Environ 5.000 Péruviens avaient manifesté ce lundi soir à Lima contre cette grâce, exigeant la démission de « PPK » (acronyme et surnom de Pedro Pablo Kuczynski), qu’ils accusent d’avoir négocié politiquement cette mesure.

Il s’en était aussitôt défendu : « Nous ne devons pas permettre qu’Alberto Fujimori meure en prison, car la justice, ce n’est pas la vengeance », a-t-il déclaré dans un message à la nation ce lundi soir. « Cela a été la décision la plus difficile à prendre de ma vie », a assuré le président de centre droit, lui aussi âgé de 79 ans.