En Turquie, une nouvelle purge dans les institutions publiques avec plus de 2.700 personnes limogées

TURQUIE Parmi les personnes renvoyées dimanche figurent notamment 637 militaires et 105 universitaires...

20 Minutes avec AFP
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan au sommet Atlantic Council à Istanbul, le 28 avril 2017.
Le président turc, Recep Tayyip Erdogan au sommet Atlantic Council à Istanbul, le 28 avril 2017. — OZAN KOSE / AFP

La Turquie a ordonné ce dimanche le limogeage de 2.756 personnes travaillant dans des institutions publiques, incluant les ministères de l'Intérieur, des Affaires étrangères et de la Défense, selon un décret publié au journal officiel. Après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016, le  gouvernement a instauré un état d'urgence, renouvelé à cinq reprises, la dernière fois en octobre 2017. Parmi les personnes renvoyées dimanche figurent notamment 637 militaires et 105 universitaires.

17 institutions fermées

Le décret stipule que ceux qui ont été visés sont soit membres, soit en lien avec des organisations «terroristes» ou des structures agissant contre la sécurité nationale. Il ordonne également la fermeture de 17 institutions à travers le pays, dont deux journaux et sept associations.

Un second décret publié dimanche prévoit que les suspects accusés d'avoir agi contre l'ordre constitutionnel devront comparaître devant les tribunaux en uniforme unicolore, marron ou gris. Cela s'appliquerait également aux personnes accusées d'avoir tenté de renverser le gouvernement. Ce décret entrera en vigueur dans un mois et s'appliquera seulement aux hommes.

Un uniforme «comme à Guantanamo»

Recep Tayyip Erdogan s'était dit mi-juillet favorable à un uniforme unique «comme à Guantanamo» pour les présumés putschistes jugés. Dimanche, il a déclaré que le souhait que de tels uniformes soient portés vient des «victimes, ceux qui ont été lésés». Les suspects «ne pourront pas comparaître devant un tribunal avec une cravate, d'une manière ostentatoire», a ajouté le chef d'état.

Par ailleurs, le second décret prévoit que l'agence turque en charge des industries de défense serait désormais placée sous le contrôle de la présidence, et non plus du ministère de la Défense.

Dans le but de se débarrasser de ce que Recep Tayyip Erdogan appelle le «virus» de l'influence du prédicateur islamiste Fethullah Gülen, accusé d'avoir mené la tentative de coup d'Etat, le pouvoir turc s'est lancé dans une vaste purge des organes de l'Etat. Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis, nie toute implication dans le putsch avorté et tout lien avec le terrorisme.