Ultimatum chinois au Tibet

CHINE/TIBET Le gouvernement en exil parle de cent morts...

JH, avec agences

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Samedi matin, Lhassa était calme et quadrillée par les forces de l'ordre. Des tanks et des véhicules militaires patrouillaient dans les rues, selon des témoins. Les autorités chinoises ont affirmé que la loi martiale n'était pas en vigueur à Lhassa.
Samedi matin, Lhassa était calme et quadrillée par les forces de l'ordre. Des tanks et des véhicules militaires patrouillaient dans les rues, selon des témoins. Les autorités chinoises ont affirmé que la loi martiale n'était pas en vigueur à Lhassa. — Mark Ralston AFP

Au lendemain des émeutes qui ont fait au moins dix morts au Tibet — des informations non confirmées reçues par le gouvernement tibétain en exil font état de 100 morts — les autorités policières et judiciaires du Tibet ont promis la clémence aux émeutiers de Lhassa s'ils se rendaient avant lundi minuit.

«Ceux qui se rendront à la police avant lundi minuit se verront infliger des peines légères ou réduites, selon la loi», ont indiqué les autorités judiciaires et policières de la région autonome dans un communiqué. «Les délinquants qui ne respecteront pas cette date seront sévèrement punis, selon la loi», ajoute le texte. Ceux qui informeront le gouvernement seront en revanche récompensés et protégés.

Dix civils innocents
Selon l’agence officielle chinoise Xinhua, «dix civils innocents» ont été brûlés vifs dans les émeutes de vendredi. Parmi eux, aucun étranger, a précisé Xinhua.

Deux chaînes de la télévision centrale, celle d'informations et celle destinée à l'international, ont diffusé samedi des images des émeutes.

On peut y voir une foule de manifestants, parmi lesquels des moines, s'en prendre à des commerces ou mettre le feu à un établissement de la Bank of China.

La Chine accuse les partisans du dalaï lama, le chef spirituel tibétain en exil en Inde, d’être derrière les émeutes, pour porter atteinte à l’image d’harmonie nationale alors que le pays se prépare à accueillir les JO.

Appel à la sagesse
Le Premier ministre du gouvernement tibétain en exil Samdhong Rinpoché a appelé samedi la Chine à agir avec «compassion» : «Nous espérons que la direction chinoise, qui a mis fin dans le passé au mouvement pro-démocratie de la place Tiananmen, réglera cette situation avec compassion et sagesse», a indiqué Samdhong Rinpoché à l'AFP. Qui a averti que la répression pourrait accentuer le cycle de la violence : « Le recours à la force a profondément choqué les Tibétains et nous craignons que les Tibétains perdent la direction" de ce qui a été principalement une lutte non violente pour la liberté».