VIDEO. Catalogne: Ouverture des bureaux de vote pour des élections cruciales

POLITIQUE Les Catalans sont appelés ce jeudi aux urnes afin d’élire un nouveau Parlement régional après le référendum contesté sur l'indépendance...

20 Minutes avec AFP

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Une affiche "Puigdemont our President" dans les rues de Barcelone alors que la Catalogne vote ce jeudi pour son parlement régional.
Une affiche "Puigdemont our President" dans les rues de Barcelone alors que la Catalogne vote ce jeudi pour son parlement régional. — Manu Fernandez/AP/SIPA

Un scrutin sous haute tension en Catalogne. Les bureaux de vote ont ouvert à 9h en Catalogne pour des élections régionales décisives opposant séparatistes et partisans de l’unité de l’Espagne, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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Election test pour les indépendantistes

La participation s’annonce massive pour cette journée, où les électeurs décideront si les indépendantistes doivent conserver la majorité absolue gagnée en 2015. Avant même l’ouverture des bureaux à 9h, les files d’électeurs décidés à voter avant de se rendre au travail, s’allongeaient à Barcelone. Les bureaux devaient fermer à 20h et tous les analystes s’attendent à une participation record.

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« Toute l’attention se concentre sur le point de savoir si le processus indépendantiste continuera ou s’interrompra » dans cette région du nord-est de l’Espagne, résume le politologue Joan Botella à Barcelone. La presse espagnole titrait jeudi sur le million d’indécis, près d’un cinquième du collège électoral, dont le choix pouvait faire basculer le scrutin d’un côté ou de l’autre.

Les indépendantistes favoris

Les élections ont été convoquées par le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui a placé la région sous tutelle après la déclaration d’indépendance de son parlement régional, qui avait inquiété l’Europe. Les conservateurs qui dirigent actuellement l’Espagne, de même que les libéraux de Ciudadanos et leurs adversaires socialistes, ont fait campagne en fustigeant « le cauchemar » ou « la folie » indépendantiste. Ils ont insisté sur « la fracture sociale » créée par la question de l’indépendance dans la région ou sur la fuite de plus de 3.000 entreprises qui ont déplacé leur siège social ailleurs.

Nombre d’analystes tablent cependant sur un gouvernement dirigé par les indépendantistes. Selon les sondages, la bataille pour la première place se jouerait entre le parti sécessionniste de gauche ERC du vice-président destitué Oriol Junqueras - inculpé et emprisonné pour « rébellion » - et la formation Ciudadanos incarnée par Inès Arrimadas.

Un test pour Puigdemont

Les deux principaux dirigeants destitués par Madrid jouent leur va-tout avec ce scrutin, mais se présentent sur des listes séparées. Le président catalan révoqué, Carles Puigdemont (droite indépendantiste), qui s’est exilé à Bruxelles, entend reconquérir son poste par les urnes, en sachant qu’il serait aussitôt arrêté s’il rentrait. « Ce qui est en jeu, ce n’est pas qui remporte les élections, mais si c’est le pays (la Catalogne, ndlr) qui gagne ou si c’est Rajoy », martèle Carles Puigdemont.

Oriol Junqueras n’a, lui, pas pu faire campagne. Autorisé à dix appels téléphoniques par semaine depuis sa prison, il a néanmoins envoyé à ses militants messages, poèmes et enregistrements. Nombre d’électeurs arborent des rubans ou vêtements jaunes, couleur de la protestation contre la détention prolongée de quatre leaders indépendantistes.

En octobre, les indépendantistes au pouvoir avaient organisé un référendum d’autodétermination interdit, marqué par des violences policières. Le 27 octobre, 70 députés catalans sur 135 ont finalement proclamé une « République catalane » restée sans effet. Depuis, le gouvernement central a pris le contrôle de la région, destitué le gouvernement, dissous le parlement pour convoquer ces élections.