Catalogne: Cinq questions pour comprendre les enjeux de l'élection du Parlement

MONDE Les Catalans sont appelés ce jeudi à choisir leurs nouveaux députés: on vous explique ce qu’il faut savoir sur ce scrutin décisif…

Laëtitia Dive

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Catalogne: Barcelone et Madrid, un conflit qui s'éternise — 20Minutes
  • Les Catalans sont appelés à voté ce jeudi 21 décembre pour élire leur Parlement régional.
  • Cette élection, convoquée par le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, fait suite à la profonde crise provoquée par le réferendum d'indépendance illégal organisé le 1er octobre par les indépendantistes.
  • 20 Minutes détaille les enjeux de ce scrutin à haut risque.

 

De notre envoyée spéciale à Barcelone (Espagne),

Jour de vote en Catalogne. Moins de trois mois après la crise provoquée par le référendum du 1er octobre sur l’indépendance de la région espagnole, les électeurs catalans sont de nouveau appelés aux urnes ce jeudi pour décider s’ils reconduisent au pouvoir les dirigeants indépendantistes poursuivis par la justice pour tentative de sécession. 20 Minutes vous donne les clés pour comprendre les enjeux de ce scrutin majeur.

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Pourquoi ces élections ?

 

Elles font suite aux événements de ces trois derniers mois en Catalogne. Après le référendum organisé illégalement par le gouvernement séparatiste et l’intervention musclée de Madrid le jour du vote, Carles Puigdemont, l’ancien chef de gouvernement séparatiste a déclaré unilatéralement l’indépendance le 27 octobre avant de s’enfuir en Belgique.

Madrid a alors riposté en mettant la région sous tutelle. « Dans la foulée, Mariano Rajoy a annoncé des élections pour le 21 décembre, explique le politologue Pablo Espadas. Mais aujourd’hui, les experts du droit s’affrontent quant à la légalité de ces élections : certains affirment que seul le chef de gouvernement régional peut les convoquer, pas l’exécutif national. »

Que prédisent les sondages côté indépendantistes ?

Chez les indépendantistes trois formations sont en compétition. Pour l’instant c’est la gauche républicaine (ERC) qui obtiendrait le plus de voix. Son président, Oriol Junqueras, étant emprisonné depuis plusieurs semaines, c’est sa numéro 2, Marta Rovira qui a géré la campagne sur le terrain tout en recevant des instructions de son chef par courrier ou via de rares appels.

Crédité de plus de 22 % des voix, le parti devancerait Junts per Catalunya, la formation de Carles Puigdemont qui obtiendrait entre 17 et 18 % des suffrages. Loin derrière, le parti d’extrême gauche (CUP) est crédité de 6 % des intentions de vote.

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Quels sont les candidats anti-indépendance ?

On retrouve d’abord le parti de Mariano Rajoy qui ne récolterait que 5,5 % des voix selon les derniers sondages. Le PSC, la fraction catalane du parti socialiste, arriverait lui en quatrième position, derrière les principaux partis indépendantistes.

Si ces deux formations traditionnelles sont délaissées, c’est parce qu’une autre candidate leur rafle de nombreuses voix : chef de file du parti libéral Ciudadanos, Inés Arrimadas, 36 ans, a mené une campagne retentissante, s’imposant comme la solution la plus efficace pour contrer les séparatistes. Elle arrive en tête dans les sondages avec 23,3 % des intentions de vote.

Que se passera-t-il s’il y a égalité ?

S’il y a de grandes chances que les pro et les anti-indépendance obtiennent quasiment le même nombre de sièges, un septième candidat pourrait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Alliée de Podemos, la liste Catalunya en Comu est parrainée par la maire de Barcelone et créditée de 8 % des intentions de vote.

A la fois opposée à la déclaration unilatérale d’indépendance et à la mise sous tutelle de la Catalogne, cette formation espère profiter de son rôle charnière pour rassembler les forces de gauche autour d’elle, indépendantistes ou non.

Que va-t-il se passer pour Carles Puigdemont s’il est élu ?

Militant de Junts per Catalunya, Marc Rodés estime que si son candidat remporte les élections il devra revenir. Sauf qu’il pourrait être arrêté s’il revient sur le territoire espagnol. « On verra à ce moment-là si le gouvernement va jusqu’à détenir un homme démocratiquement élu et si la communauté internationale intervient. »

Mais cela n’arrivera pas selon Pablo Espadas : « S’il obtient un siège, il n’ira pas en prison. Et Oriol Junqueras pourrait en sortir s’il est élu ». Selon le politologue, « la Constitution espagnole garantit l’immunité aux députés lorsqu’ils agissent dans leurs fonctions ».