Abus contre les migrants en Libye: Amnesty International accuse l'Europe de «complicité»

IMMIGRATION « Les gouvernements européens sont sciemment complices de la torture et des abus endurés par des dizaines de milliers de réfugiés détenus par les autorités libyennes », assure l’ONG…

20 Minutes avec AFP

— 

Des migrants à la base navale de Tripoli, en Libye
Des migrants à la base navale de Tripoli, en Libye — MAHMUD TURKIA / AFP

Amnesty International accuse les gouvernements européens de complicité dans la détention des migrants dans des conditions épouvantables en Libye, leur reprochant notamment leur aide aux garde-côtes libyens impliqués dans le trafic d’êtres humains.

« Les gouvernements européens sont sciemment complices de la torture et des abus endurés par des dizaines de milliers de réfugiés et de migrants détenus par les autorités libyennes de l’immigration dans des conditions épouvantables en Libye », a indiqué l’organisation de défense des droits de l’Homme dans un rapport.

« Un système sophistiqué d’abus et d’exploitation des réfugiés et des migrants »

Amnesty accuse les Européens de soutenir « un système sophistiqué d’abus et d’exploitation des réfugiés et des migrants » de la part des garde-côtes, des responsables des centres de détention et des trafiquants, avec pour seul souci d’empêcher les migrants de traverser la Méditerranée.

>> A lire aussi : Près de 800.000 migrants attendent de passer en Europe

« Des dizaines de milliers de personnes sont détenues indéfiniment dans des centres de détention surpeuplés où elles subissent des sévices systématiques », a déclaré John Dalhuisen, directeur d’AI pour l’Europe. « Les gouvernements européens ne sont pas seulement pleinement au courant de ces abus, mais (…) ils en sont complices », a-t-il ajouté.

65 % de migrants en moins sur les plages italiennes

John Dalhuisen a plus spécifiquement critiqué Rome qui, selon lui, a « la série d’arrangements la plus sophistiquée » avec le gouvernement libyen d’union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj. « Ce système place l’Italie, en particulier, dans une situation où elle rompt ses obligations internationales », notamment en ce qui concerne l’interdiction de la torture, a estimé John Dalhuisen.

>> A lire aussi : Des migrants sont vendus comme esclaves en Libye

Le renforcement par Rome de ses accords de coopération avec Tripoli a d’ailleurs permis de limiter fortement les départs. Entre juillet et décembre, le nombre de migrants débarqués en Italie a baissé de plus de 65 % par rapport à la moyenne des mêmes périodes entre 2014 et 2016.